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Discours du 1er-Mai : un «new deal pour le Luxembourg» réclamé


Patrick Dury et Nora Back n'ont pas mâché leurs mots. (Photo : archives editpress)

En ce 1ᵉʳ mai, jour de fête du Travail, les syndicats du pays ont une nouvelle fois fait front commun dans leur traditionnel discours. Ils ont envoyé plusieurs messages au gouvernement et appelé à la mobilisation.

Tandis que Nora Back, présidente de l’OGBL, s’exprimait sur le parvis de l’abbaye de Neumünster, Patrick Dury, président du LCGB, prenait la parole à Remich. Deux rassemblements distincts, non sans un clin d’œil de l’un à l’autre : une vidéo comportant un message de Nora Back a été diffusée à Remich et une de Patrick Dury à Neumünster. Il faut dire que les deux syndicalistes avaient en ligne de mire les mêmes personnes : la coalition noire-bleue au pouvoir depuis deux ans et demi.

À Neumünster, la présidente de l’OGBL, a d’emblée donné le ton en affirmant que «cette année, hélas, nous n’avons pas vraiment le cœur à fêter et il y a des raisons à cela!». Elle a dénoncé «le gouvernement le plus hostile aux salariés depuis des décennies», l’accusant de vouloir s’attaquer «aux salaires, à la sécurité sociale, aux pensions et au temps de vie».

À Remich, le président du LCGB a tenu un discours tout aussi critique, dans une époque marquée par «la guerre, la misère et une incertitude économique et sociale croissante». Il accuse le gouvernement de ne rien faire pour améliorer la situation des salariés : «après deux ans et demi, rien, absolument rien n’a été fait pour les travailleurs du secteur privé».

La décision de ne rien faire est cachée derrière un calcul qui ne tient pas debout

Pour Nora Back, les membres de la coalition ont choisi leur camp : «Ils sont dans le camp du grand capital, du patronat et des requins de l’immobilier», alors que son syndicat a choisi un autre camp : «celui des 25 000 personnes qui étaient dans la rue l’an dernier», a-t-elle affirmé.

Elle a revendiqué un relèvement immédiat du salaire minimum : «Le salaire minimum doit augmenter. Et tout de suite (…)» Sur ce dossier emblématique, son discours et celui de Patrick Dury convergent jusque dans les chiffres : le président du LCGB a rappelé que l’union OGBL-LCGB a effectué ses calculs «exactement de la même manière que l’ajustement est calculé, exactement comme l’a calculé l’OCDE».

La conclusion est donc identique : le salaire minimum devrait être revalorisé d’environ 11 %, soit 300 euros, pour respecter l’esprit de la directive européenne sur des salaires minimums adéquats. Pour Patrick Dury, «la décision de ne rien faire est cachée derrière un calcul qui ne tient pas debout». Il a estimé qu’«un être humain doit pouvoir vivre dignement de son travail» et que l’absence de revalorisation constitue «une véritable provocation».

On peut vraiment se demander dans quel monde (Luc Friden) vit!

La crise du logement est aussi au cœur des préoccupations de l’OGBL. Nora Back a parlé d’un «échec de l’État» et estimé que le problème vient du fait que «le logement n’est plus considéré comme un droit fondamental, mais comme un investissement». Elle appelle donc à «un plafonnement réel des loyers» et à des mesures fortes contre la spéculation. Elle a aussi critiqué le Premier ministre qui aurait, selon elle, affirmé que la crise du logement serait derrière nous : «On peut vraiment se demander dans quel monde il vit!», a-t-elle raillé.

Les deux syndicalistes ont aussi fait la critique du dialogue social. Patrick Dury a parlé d’un «modèle tripartite vidé de sa substance», tandis que Nora Back a estimé que le gouvernement réduit le dialogue social à «un exercice formel», loin de «véritables négociations politiques». Elle accepte néanmoins le principe d’une nouvelle tripartite, mais en fixe immédiatement les conditions : «Nous n’y allons ni pour manipuler l’index, ni pour des marchandages de pacotille.» Elle propose un cadre programmatique structuré, un «new deal pour le Luxembourg».

Enfin, tous deux ont mis en garde contre une montée des tensions sociales et n’ont pas exclu un durcissement du rapport de force. Nora Back a évoqué une série d’actions à venir «aussi longtemps que nécessaire», tandis que Patrick Dury a prévenu que «le temps de l’action est venu», allant jusqu’à agiter la menace d’un «conflit social majeur» si la situation ne change pas.

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