L’artiste luxembourgeoise, qui défraie la chronique, a de nouveau créé le scandale. Cette fois à Düsseldorf où elle est encore allée très loin.
À chacune de ses performances, on se demande jusqu’où elle est capable d’aller. Il va falloir finir par admettre que Deborah de Robertis n’a plus aucune limite. L’artiste luxembourgeoise, qui enchaîne les scandales en se dénudant dans des institutions culturelles comme en s’en prenant à des œuvres de l’expo «Lacan» au Centre Pompidou-Metz pour y lancer un MeToo dans le milieu de l’art, (quand ce n’est pas dans la grotte du sanctuaire de Lourdes), a de nouveau frappé.
Cette fois, en Allemagne. Elle révèle sur son compte Instagram, photos à l’appui, avoir réalisé au NRW-Forum de Düsseldorf ce samedi 28 mars une performance «violemment interrompue» par les agents de sécurité, qui ont recouvert la scène qu’elle y jouait de draps.
Deborah de Robertis avait pour l’occasion engagée un comédien pour lui «effectuer une pénétration digitale en direct, explique l’artiste. Celui-ci était grimé pour ressembler le plus possible au commissaire de l’exposition «Lacan», présentée au Centre Pompidou-Metz de décembre 2023 à mai 2024. «Mon geste est né d’un refus radical de cette main mise des hommes de pouvoir sur nos corps et nos œuvres», ajoute-t-elle. Il lui vaut désormais une convocation devant la justice allemande.
Depuis septembre 2025, Deborah de Robertis présente une œuvre dans ce lieu qui accueille une exposition baptisée «Sex Now», interdite aux moins de 18 ans. Programmée jusqu’au 3 mai 2026, elle vise à «explorer la luxure, les corps et le désir dans toute leur complexité».
Interdite en Moselle
Deborah de Robertis a lancé depuis Metz son combat contre les violences sexuelles et sexistes dans le milieu de l’art. Le 6 mai 2024, avec l’aide de deux complices, l’artiste s’en était prise à cinq œuvres de l’exposition «Lacan» en les taguant de l’expression «MeToo». Parmi elles : l’un des tableaux français les plus célèbres, L’Origine du monde de Gustave Courbet, prêtée par le musée d’Orsay.
Elle avait aussi fait taguer sa propre œuvre, Miroir de l’origine, une photo où elle pose nue, jambes écartées, sous L’Origine du monde. C’est l’œuvre qu’elle expose depuis à Düsseldorf, toujours barrée de l’expression «MeToo».
Elle avait aussi dérobé la broderie Je pense donc je suce d’Annette Messager appartenant au commissaire de l’exposition. Une affaire qui lui vaut depuis une mise en examen pour vol, dégradations volontaires de biens culturels exposés dans un musée et détérioration de biens culturels qui relèvent du domaine public. Elle est depuis interdite de paraître en Moselle. Ainsi que dans une exposition. Ce qui ne semble pas s’appliquer hors des frontières.
Si son appel n’a pas été suivi d’effet, l’artiste poursuit son combat personnel à l’encontre d’hommes dont elle dit qu’ils auraient, par le passé, abusé d’elle de par leur position de pouvoir. Après avoir déposé un signalement à l’encontre de six d’entre eux, elle affirme que son avocate, Marie Dosé, a informé le parquet de Paris du dépôt de plainte de l’artiste pour viol et agression sexuelle à l’encontre de trois d’entre eux.
Ph. M.