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Croissance au ralenti mais récession peu probable


«Nous avons connu plusieurs années de croissance soutenue qui ont permis de réduire sensiblement le chômage et les capacités excédentaires au niveau de la production», explique l'économiste de la BGL, Yves Nosbusch. (illustration AFP)

La banque BGL BNP Paribas s’attend pour cette année à un ralentissement de la croissance mondiale mais pas à une récession.

En 2019, la grande question est de savoir si la correction boursière vécue fin 2018 est temporaire ou si elle est le «précurseur d’une contraction économique à venir». Cette interrogation a été posée mardi par Yves Nosbusch, l’économiste en chef de la banque BGL BNP Paribas, lors de sa présentation des perspectives économiques pour l’année qui vient de commencer. Une chose est certaine : «On s’attend à un ralentissement de l’économie mondiale, pas à une crise ni à une récession», appuie l’économiste.

Dans les zones économiques importantes (pays avancés, zone euro), on peut s’attendre à des taux de croissance moins importants qu’en 2018. En 2019, les États-Unis enregistreraient une croissance de 2,1 % contre 2,9 % en 2018 et même de 1,5 % en 2020. En zone euro, même scénario : le taux de croissance diminuerait, passant de 1,9 % à 1,4% cette année et à 1,2 % l’an prochain. Chez les émergents, la croissance serait stable à 5,9 % cependant, elle ralentirait légèrement à 5,7 % en 2020. Pas de quoi s’affoler. Le taux de croissance de la Chine, en baisse depuis un certain temps, descendrait à 6,2 % contre 6,6 % en 2018. En 2020, il serait à 6 %.

Mais il ne faut pas tirer de plan sur la comète car personne aujourd’hui n’est capable de dire si ce chiffre deviendra réalité ou non dans les douze prochains mois. La croissance de l’Inde, très élevée (7,4 % l’an passé), le restera en 2019 avec un taux à 7,6 % et connaîtra, peut-être, une progression en 2020 à 7,8 %.

Remontée des taux pour l’automne

Le ralentissement évoqué par Yves Nosbusch est dû à un effet de cycle normal. «Nous avons connu plusieurs années de croissance soutenue qui ont permis de réduire sensiblement le chômage et les capacités excédentaires au niveau de la production», dit-il. Les principales économies de la planète tournent «plus ou moins à plein régime». Il est donc normal qu’on ne puisse pas continuer à voir des taux de croissance aussi élevés.

En zone euro, les indicateurs de confiance comme les enquêtes auprès des directeurs d’achat des firmes sont «en net recul depuis des mois». Néanmoins, ils restent au niveau neutre de 50. En décembre 2018, le score était de 51,4 pour le secteur manufacturier et pour celui des services, il culminait à 51,2. À propos de l’inflation, la sous-jacente reste proche du un pour cent. L’objectif de la Banque centrale européenne est d’atteindre un taux d’inflation proche «mais en dessous de 2 % à moyen terme».

À la fin 2018, elle a arrêté son programme de rachat d’actifs (Quantitative Easing). D’après Yves Nosbusch, «elle va garder la taille de son bilan constant, elle va continuer à acheter des actifs». Cependant, elle garde une approche «très prudente» car ses taux directeurs ne devraient pas remonter avant la fin de l’été 2019. «À partir de l’automne, si tout se passe comme prévu, on peut s’attendre à une remontée progressive des taux directeurs», mais pour l’instant, comme le disent les Anglais, c’est «wait and see».

Aude Forestier

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