Président mythique du FC Metz pendant plus de trois décennies, Carlo Molinari s’est éteint ce mercredi à l’âge de 93 ans. Une grande figure indissociable du football français nous a quittés.
Le FC Metz a perdu son ange gardien. Carlo Molinari, l’homme qui aura incarné le FC Metz jusqu’à l’extrême, s’est éteint, ce mercredi, à l’âge de 93 ans. Né en 1933 à Villerupt, ce fils d’immigrés italiens au tempérament de feu n’était pas venu au sport par les crampons, mais par le motocross.
Triple champion de France dans les années 1950, l’homme s’invitait alors aux séances des pros messins pour parfaire sa caisse. L’étincelle était née.
Reconverti dans les poids lourds Iveco avec son ami Roger Carpi, Carlo Molinari prend les rênes du club en 1967. Le début d’un règne passionné de 34 saisons et 1 254 matches, interrompu entre 1978 et 1983, pour installer Metz dans l’élite.
En 2009, il avait transmis le témoin à Bernard Serin. Avec son départ, c’est tout un morceau d’histoire et de la mémoire du football français qui s’éteint ce jour.
Sous sa présidence, le FC Metz a garni son palmarès avec la Coupe de France à deux reprises, en 1984 et 1988, et la Coupe de la Ligue, deux fois également, en 1986 et 1996.
Avec lui, le club lorrain a vécu des moments incroyables, comme en 1984. Cette année-là, les Grenats ont réalisé l’un des plus grands exploits du football français en terrassant le FC Barcelone (1-4), au Camp Nou, pour se qualifier pour les huitièmes de finale de la Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe, après une défaite (2-4) à l’aller au stade Saint-Symphorien.
En confiant les rênes de l’équipe à Joël Muller à l’hiver 1989, Carlo Molinari fera vivre aux supporters messins leurs plus grandes émotions durant la décennie suivante. Avec l’éclosion de Robert Pires, le club à la Croix de Lorraine jouera les premiers rôles en Division 1, disputera la Coupe d’Europe à plusieurs reprises et frôlera même le titre de champion de France en 1998, devancé à la différence de buts par le RC Lens. L’un de ses plus grands regrets.
Maxime Rodhain
(Le Républicain lorrain)