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Travaux dans les gares de Mertert et Wasserbillig : 2036 comme horizon le plus proche


Mertert et Wasserbillig devront prendre leur mal en patience. (Photo : alain rischard)

À Mertert, le bourgmestre, Jérôme Laurent, ne décolère pas. Les gares de sa commune, promises à des travaux de modernisation, ne verront pas la couleur d’une pelleteuse avant au moins 2030.

«C’est scandaleux.» Par ces mots, Jérôme Laurent (LSAP), le bourgmestre de Mertert, exprime son profond mécontentement au sujet du report des travaux dans les gares de Mertert et de Wasserbillig, toutes deux situées dans sa commune.

Sur la ligne ferroviaire Luxembourg-Trèves, les deux gares devaient subir de profondes modifications destinées à améliorer le confort des voyageurs et, indirectement, celui des habitants de la région.

À Wasserbillig, un parking P+R de 400 places devait être construit, en plus d’installations destinées à faciliter l’accès aux quais pour les personnes à mobilité réduite. À Mertert, l’arrêt situé en pente et dans un virage devait être déplacé plus haut sur la ligne.

Sans nouvelles de l’avancée du projet, le député socialiste Ben Streff a posé une question parlementaire à la ministre de la Mobilité et des Travaux publics, fin septembre. Yuriko Backes a annoncé que le début des travaux à Wasserbillig n’était pas prévu avant 2030 et que leur achèvement n’interviendrait pas avant 2036. Concernant Mertert, le chantier ne débuterait qu’après la réalisation de celui de Wasserbillig, sans qu’aucune date de fin ne soit annoncée.

«La réponse nous a plus qu’étonnés dans la vallée», remarque Jérôme Laurent. «La gare de Wasserbillig est pourtant très importante. C’est un point de passage international, puisqu’elle est située sur la ligne vers Trèves. Il faut aussi penser aux habitants de Rosport-Mompach, Munschecker, Manternach et Grevenmacher.» Il explique que les habitants de ces localités ont besoin d’un P+R, car les villages ne sont pas suffisamment desservis par les bus pour qu’ils puissent se passer de leurs voitures.

«À Wasserbillig, nous allons être obligés de modifier la tarification des places de parking. Sans P+R, il n’y a pas de place pour tout le monde dans les rues. On est en train de réfléchir aux changements.»

Pourtant, il y avait bien un parking privé au bord de la Moselle, d’une capacité de 60 places. «Le propriétaire le mettait à la disposition des voyageurs, mais il va y construire des résidences. Ce ne serait pas un problème si le P+R avait été construit plus tôt.» D’après Jérôme Laurent, tous les habitants de l’agglomération sont concernés par le report des travaux.

Aucun accès PMR

Outre le trafic, le bourgmestre insiste sur un problème tout aussi préoccupant : l’absence d’installations facilitant l’accès aux personnes à mobilité réduite. «Si une personne à mobilité réduite descend du train à Wasserbillig sur le quai en direction de Trèves, elle ne peut pas quitter ce quai, car il n’y a que des escaliers», souligne-t-il. «Les personnes en fauteuil roulant doivent prévenir les CFL un jour à l’avance pour que le train soit dévié vers l’autre voie, dont le quai est équipé d’une rampe.»

Dans la localité de Mertert, à cette même absence de rampe pour les personnes à mobilité réduite s’ajoute un autre problème. «Le train s’arrête dans une pente extrêmement forte. Les navetteurs peinent à descendre et à monter dans le train.»

Pour le bourgmestre, cette situation n’est pas acceptable. «Les ministères obligent les communes à garantir un accès PMR dans tous les lieux publics d’ici 2032. Et le gouvernement ne s’y tient pas pour les infrastructures ferroviaires. C’est honteux.»

Le bourgmestre regrette en outre l’absence de réponse claire de la ministre au sujet de la gare de Mertert. «Les responsables politiques locaux ne font plus confiance au planning et à ce que les ministres disent. Au prochain conseil communal, nous allons proposer une motion soutenue à l’unanimité. Elle invitera la ministre Yuriko Backes à changer le planning pour débuter au plus vite les travaux.»

Vingt millions d’euros

Il serait pourtant difficile de parler d’un manque de moyens. Depuis 2016, près de 20 millions d’euros ont été dépensés par l’État à Wasserbillig.

D’après la réponse de la ministre de la Mobilité et des Travaux publics, 11 millions d’euros ont servi aux études et à la planification des différents travaux, tandis que 8,8 millions d’euros supplémentaires ont été investis afin de moderniser les infrastructures des CFL non destinées aux voyageurs. «On est particulièrement déçus par les décisions qui ont été prises», conclut Jérôme Laurent.

Contactés, les CFL nous ont renvoyés à la réponse de la ministre Yuriko Backes à la question parlementaire de Ben Streff.

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