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L’épidémie d’Ebola toujours hors de contrôle


Le nombre de morts continue de grimper. Dans un cas sur deux, la maladie est létale. (Photo : afp)

Le virus traverse les frontières en Afrique sans que sa propagation soit freinée. La flambée a été officiellement détectée il y a six mois maintenant en République démocratique du Congo.

Plus de 10 000 malades d’Ebola ont été recensés en Afrique, la grande majorité en République démocratique du Congo (RDC), immense pays d’Afrique centrale à l’épicentre d’une épidémie, qui s’est propagée dans plusieurs autres régions du continent, avec des cas actuellement signalés au Kenya et jusqu’en Afrique de l’Ouest au Nigeria. La flambée épidémique actuelle a été officiellement déclarée par la RDC il y a près de six mois, le 15 mai. Détecté tardivement, le virus avait refait surface dans le pays de plus de 100 millions d’habitants depuis déjà plusieurs mois auparavant, s’accordent aujourd’hui à dire les spécialistes.

Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une grave fièvre hémorragique, a déjà fait plus de 15 000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années. La pire épidémie enregistrée par le passé en RDC avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades recensés, entre 2018 et 2020. À ce stade, 10 060 personnes ont été contaminées en RDC et 4 887 sont décédées, selon les derniers chiffres de l’Institut national de santé publique congolais (INSP) mardi. Quelque 2 684 guérisons ont été signalées mais le taux de létalité est proche des 50 %. Partie de la province de l’Ituri (nord-est), la 17e épidémie de l’histoire de la RDC s’est étendue à huit provinces congolaises, notamment l’Ituri et le Nord-Kivu (est), qui concentrent la majorité des cas recensés. Au cours des derniers mois, le virus a plusieurs fois traversé les frontières. En Ouganda voisin, vingt cas dont deux décès ont été signalés avant que l’épidémie ne soit déclarée éradiquée du territoire en août. En octobre, neuf cas dont deux décès ont été recensés au Kenya.

«Pas au niveau»

La semaine dernière, un cas d’Ebola a été signalé au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique. La malade, une Suissesse de 42 ans et épouse d’un employé de l’ambassade suisse à Abuja, avait voyagé en Ouganda avec son mari avant de rentrer au Nigeria. Elle a été évacuée lundi par avion sanitaire vers la Suisse, où elle est désormais prise en charge dans un hôpital genevois. Cinquante-trois cas contacts ont été identifiés par les autorités sanitaires nigérianes. L’Africa CDC tente toujours de tracer comment la patiente est entrée en contact avec le virus, a indiqué son chef.

«Nous avons constaté que le séquençage génomique du cas kényan est similaire à celui du cas nigérian. Et (…) en lien avec certains cas à Beni», dans la province congolaise du Nord-Kivu, a pointé Jean Kaseya, évoquant une mutation du virus, tout en assurant que cette dernière ne semble pas le rendre plus mortel. La théorie – évoquée par l’Africa CDC la semaine dernière – selon laquelle les premiers cas au Kenya et au Nigeria auraient pu se croiser dans un aéroport ougandais début octobre semble désormais peu probable, a-t-il indiqué. La patiente aurait pu être contaminée «n’importe où», a estimé Jean Kaseya. La propagation du virus a cependant montré que les contrôles aux frontières «n’étaient pas au niveau auquel nous nous attendions», a-t-il concédé.

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