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34 mineurs en prison cette année, l’Okaju et l’Unicef s’indignent


Une privation de liberté de l’enfant peut compromettre son développement, sa resocialisation et sa réhabilitation. (Photo archives editpress/alain rischard)

Dans une nouvelle campagne de sensibilisation, plusieurs acteurs des droits de l’enfant rappellent que 34 mineurs ont été placés au Centre pénitentiaire de Luxembourg au cours de l’année.

Mobiliser des mots, pour rappeler une nouvelle fois que les enfants n’ont pas leur place dans une prison pour adultes. C’est le but de la nouvelle campagne lancée par l’Unicef Luxembourg, l’Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher (Okaju), la Commission consultative des droits de l’Homme (CCDH) et le Service de justice restaurative du Luxembourg (Sejure). Tous ont décidé de s’allier pour présenter un nuage composé de 34 mots positifs en référence aux 34 enfants qui, depuis début 2026, ont été placés dans le Centre pénitentiaire pour adultes de Luxembourg (CPL).

Car cette pratique relativement courante au Luxembourg, un mineur a encore été incarcéré au CPL en octobre faute de place à l’Unisec, est contraire aux droits de l’enfant. Différentes organisations internationales de défense des droits de l’homme et de l’enfant ont d’ailleurs rappelé à de multiples reprises au gouvernement que les enfants n’ont pas leur place en prison pour adultes. Depuis 1993, le Comité anti-torture du Conseil de l’Europe a régulièrement recommandé aux autorités luxembourgeoises
de mettre fin à l’incarcération d’enfants au CPL. Malgré ces avertissements, la situation ne s’améliore pas. Alors que 26 enfants ont fait l’objet d’un placement au CPL entre 2021 et 2024, sur la seule année 2025, 24 ont été envoyés en détention. En 2026, ils sont déjà 34.

Penser autrement la réponse pénale

Avec ces 34 mots positifs, tels que Protection, Devenir, Rêver, Famille, Développement… les différentes organisations espèrent mettre la lumière sur la situation de ces mineurs et inciter le gouvernement à changer cette pratique. «Ces 34 mots font écho à ce dont ces enfants ont besoin et ce dont ils ont probablement cruellement manqué pour bien grandir, comme des points de repère, du soutien, de la
protection, la prévision d’un avenir serein et des opportunités.»

Une réponse pourrait venir du côté du législateur. Le projet de loi n°7991, déposé en avril 2022 mais toujours non voté, vise à introduire une procédure pénale spécifique pour les mineurs. Ce texte prévoit l’interdiction de l’incarcération d’enfants dans des prisons pour adultes, stipulant qu’ils ne pourront être privés de liberté que dans un centre réservé et pensé pour les mineurs, et uniquement en tout dernier recours. Il prévoit également de supprimer le système du dessaisissement, c’est-à-dire la possibilité d’appliquer la procédure pénale pour adultes à un mineur de plus de 16 ans.

Un autre aspect essentiel de ce projet est la mise en avant des mesures non judiciaires et des mesures non privatives de liberté. La justice restaurative, par exemple, est une de ces mesures qui devrait être mobilisée pour ces enfants en conflit avec la loi et qui permet de laisser une place importante à la victime. Elle participe à cette volonté de penser autrement la réponse apportée et ouvre un espace de dialogue, d’écoute et de responsabilisation. A l’inverse, une privation de liberté de l’enfant, la séparation avec sa famille, ou encore une rupture dans son éducation peuvent compromettre son développement, sa resocialisation et sa réhabilitation.

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