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Un pacte pour offrir du «temps de qualité», loin des écrans, à la jeunesse


Claude Meisch a présenté un plan d'action pour les quatre prochaines années en direction de la jeunesse. (Photo : fabrizio pizzolante)

Le nouveau Pacte pour la jeunesse a été présenté ce lundi aux Rives de Clausen. Quarante-huit mesures sont prévues.

Ce lundi, le contraste entre deux actualités était saisissant. D’un côté, des lycéens français qui, pendant un mois, ont bloqué leurs établissements pour réclamer des professeurs et des classes décentes. De l’autre, au ministère de l’Éducation nationale, Claude Meisch présentait le quatrième Pacte pour la jeunesse (2026-2030), qui ambitionne d’offrir aux jeunes du pays du «temps de qualité», loin des écrans. Certes, au Grand-Duché, la jeunesse ne monte pas sur les barricades, mais elle ne va pas forcément mieux pour autant : les prescriptions d’antidépresseurs chez les 6-17 ans ont bondi de 50 % entre 2019 et 2024.

Pour le ministre, le diagnostic est posé et le premier adversaire du bien-être des jeunes tient dans leur poche. «Nous ne pouvons pas éviter la question de l’écran», a affirmé Claude Meisch, en s’appuyant sur le dernier rapport national sur la jeunesse, publié en mars par l’Uni. Selon ce document, 80 % des jeunes passent plus de deux heures par jour sur les réseaux sociaux. Les rencontres en chair et en os, elles, se raréfient depuis la pandémie.

«(Les jeunes) utilisent beaucoup les réseaux sociaux, mais ils ont aussi le sentiment que c’est du temps perdu et qu’ils ne le maîtrisent plus», a souligné le ministre ce lundi. Alors certes, le gouvernement a déjà interdit ou restreint le smartphone dans les écoles, les maisons relais et les lycées, mais «nous ne voulons pas remplacer l’écran par un espace vide, mais par des alternatives concrètes et attractives», a précisé Claude Meisch.

Georges Metz, le directeur du Service national de la jeunesse, a également pris la parole. (Photo : fabrizio pizzolante)

Des espaces de rencontre

Présenté avec Georges Metz, le directeur du Service national de la jeunesse (SNJ), le pacte rassemble 48 mesures à mettre en œuvre d’ici à 2030 afin que les jeunes passent plus de temps avec leurs pairs, utilisent bien leur temps libre, se mettent au service de la société, connaissent leurs possibilités et soient soutenus. Le temps, fil rouge de ce Jugendpakt, donc.

Premier chantier : donner aux jeunes des lieux où se retrouver. «Il y a l’aire de jeux pour les enfants, il y a quelque chose pour les plus âgés, mais pour nous, il n’y a très souvent pas de place, alors on se retrouve à l’abribus», a rapporté Georges Metz, citant une remarque entendue à maintes reprises lors des consultations. Le ministère encourage donc les communes à créer des Jugendcafés, des lieux conviviaux où l’on entre sans engagement, et à aménager des espaces extérieurs où les jeunes pourront se retrouver, sans être forcément encadrés par des éducateurs.

Le Pacte pour la jeunesse prévoit une nouvelle plateforme en ligne – il faudra donc se reconnecter –, la JugendAkademie, qui regroupera les formations proposées aux jeunes pendant leur temps libre. Une sorte d’«université populaire pour les jeunes», a résumé le directeur du SNJ. Et pour encourager l’engagement, un Jugenddësch Bénévolat sera organisé avec le Jugendrot, la Conférence générale de la jeunesse du Luxembourg.

Pas de bilan sur le pacte précédent

À noter aussi l’initiative «Deng Gemeng, deng Infoen» qui aidera les communes à mieux faire connaître aux jeunes les activités et services proposés près de chez eux. Enfin, le pacte prévoit de renforcer la coopération entre les maisons de jeunes et les acteurs du logement, de la santé, de l’emploi et de l’insertion, pour mieux orienter ceux qui ont besoin d’une aide spécialisée.

Et la liste n’est pas figée, «le Jugendpakt doit ouvrir des portes, pas en fermer», a assuré Claude Meisch ce lundi. Ceci dit, aucune enveloppe spécifique n’accompagne le pacte. Le ministre a rappelé que le budget de la politique de la jeunesse avait augmenté «de façon substantielle» ces dernières années et que du personnel supplémentaire avait été garanti au secteur. Mais il n’y aura pas de «montant X» ajouté chaque année pour financer les 48 mesures.

Quant au bilan du pacte précédent, centré sur le bien-être des jeunes au sortir de la pandémie, il n’y en a pas. Ah si, toutes les mesures «ont été mises en œuvre», surtout dans les écoles et les lycées, mais rien n’a été dit ce lundi sur leurs effets. Cette fois, pour ce pacte-ci, une évaluation portera d’abord sur son impact sur les services travaillant avec les jeunes et «si possible» sur son effet sur les jeunes eux-mêmes. Georges Metz n’a pas caché les limites de l’exercice : «Il faut rester humble, on est un petit domaine, l’impact est limité.»

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