Un adolescent de 16 ans armé d’un fusil a abattu quatre personnes, dont trois enfants, jeudi dans une école primaire de l’Oregon, dans l’Ouest des États-Unis, avant d’être rapidement abattu à son tour par un habitant qui l’avait vu pénétrer dans l’établissement.
«Parmi les victimes sur place figurent trois enfants, âgés de cinq, huit et onze ans, ainsi qu’un enseignant», a précisé Mike Krantz, le chef de la police de Bend, la ville où s’est déroulée la tragédie, lors d’une conférence de presse.
Un enfant de sept ans et un professeur de 54 ans ont également été blessés lors de l’attaque. Ils ont été transportés d’urgence à l’hôpital, touchés par des «blessures critiques».
Le tireur présumé est un adolescent de 16 ans résidant dans cette localité d’un peu plus de 100 000 habitants, selon les premiers éléments de l’enquête. Son identité n’a pas été révélée.
L’alerte a été donnée à la police vers 13 h, heure locale (20 h 00 GMT), et les premiers patrouilleurs sont arrivés sur les lieux deux minutes plus tard. Toutefois, le suspect était déjà mort à leur arrivée. Il a été neutralisé par un passant armé qui l’avait aperçu en train de «pénétrer dans l’école» et l’avait «poursuivi à l’intérieur», a indiqué M. Krantz.
Le drame s’est noué au sein de l’école primaire Silver Rail, qui scolarise plus de 400 élèves.
«Cœur brisé»
«Je n’ai pas de mots pour décrire ce que ressent notre communauté en ce moment», a déclaré, ému, le recteur scolaire de la zone, Steven Cook. «Nous avons le cœur brisé. Nous sommes horrifiés.»
L’établissement a été évacué progressivement dans l’après-midi, dans une atmosphère d’angoisse pour les parents massés à l’arrivée des bus scolaires.
La violence par armes à feu constitue une composante chronique du quotidien aux États-Unis, pays qui dénombre davantage d’armes à feu en circulation que d’habitants. Les tueries en milieu scolaire y provoquent régulièrement une onde de choc nationale. En 2022, un massacre perpétré dans une école primaire d’Uvalde avait suscité une vive indignation en coûtant la vie à 21 personnes, dont 19 enfants.
En incluant les campus universitaires, la tuerie en milieu scolaire la plus meurtrière de l’histoire américaine reste celle de Virginia Tech, en 2007, au cours de laquelle un étudiant avait abattu 32 personnes avant de se suicider.
Un débat politique toujours enlisé
Malgré la récurrence de ces drames, le débat politique sur la régulation des armes à feu demeure paralysé. Aucun gouvernement successif ni le Congrès n’est parvenu à endiguer ce fléau, le droit de porter des armes demeurant profondément ancré et garanti par la Constitution pour de nombreux Américains. En 2025, près de 15 000 personnes ont perdu la vie par arme à feu hors suicides, selon l’organisation Gun Violence Archive.
Face à ces tueries, la classe politique se limite le plus souvent à des messages de condoléances, promettant aux familles endeuillées «pensées et prières». Un scénario qui s’est répété jeudi.
«Nos cœurs resteront brisés dans les jours et les semaines à venir, et mes prières quotidiennes accompagneront cette communauté, les enfants, les parents et les enseignants», a affirmé devant la presse la gouverneure démocrate de l’Oregon, Tina Kotek. «Une école devrait être un lieu sûr où les enfants peuvent apprendre et se sentir en sécurité. Ce qui s’est passé aujourd’hui ne devrait jamais arriver», a renchéri la maire de Bend, Melanie Kebler.
Les associations de défense pour un meilleur contrôle des armes ont quant à elles rappelé que ces tragédies successives ne relèvent pas de la fatalité, exhortant les dirigeants à agir. «En attendant d’en savoir plus, rappelons-nous ce que nous savons déjà : les fusillades dans les écoles ne sont pas inévitables ; elles ne sont pas normales ; et elles ne sont pas acceptables», a insisté l’organisation Brady sur X.