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Feu vert pour une nette hausse des prestations familiales


L’allocation de rentrée scolaire augmente de 60 euros pour les 6-11 ans et de 90 euros pour les plus de 12 ans. (Photo : archives lq/didier sylvestre)

À partir du 1er janvier, les allocations familiales et l’allocation de rentrée scolaire vont augmenter de plusieurs dizaines d’euros par mois. L’objectif primaire est de lutter contre la pauvreté infantile.

Commençons par les chiffres. L’allocation familiale augmente de 45 euros par enfant et par mois pour tous les enfants. S’y ajoute une majoration d’âge de 15 euros pour les enfants âgés de 12 ans et plus. L’allocation de rentrée scolaire augmente de 60 euros pour les enfants âgés de 6 à 11 ans et de 90 euros pour les enfants âgés de 12 ans et plus.

En parallèle, l’ensemble des prestations versées par la Caisse pour l’avenir des enfants seront désormais indexées : l’allocation familiale, l’allocation de rentrée scolaire, l’allocation de naissance et l’allocation spéciale supplémentaire, pour les enfants handicapés.

La hausse des aides doit permettre de se rapprocher du budget de référence nécessaire pour permettre à chaque enfant de mener une vie digne : 465 euros par mois pour les 6-11 ans et 698 euros pour les enfants de plus de 12 ans. Il faudra cependant le supplément du futur Complément de vie chère, une nouvelle aide financière pour les ménages avec enfants scolarisés aux bas revenus, pour que ce seuil minimal soit atteint pour tous les enfants.

«Une politique familiale doit soutenir chaque famille. Ces dernières années, le DP a déjà fortement allégé la facture avec la mise en place de la gratuité des livres scolaires, des structures d’accueil ou des cantines. Les allocations familiales ne sont pas une aide sociale, mais une reconnaissance de la responsabilité assumée au jour le jour par les parents», met en avant la députée libérale Mandy Minella.

«Ce gouvernement pose un nouvel accent en matière de politique familiale luxembourgeoise. L’augmentation des allocations constitue la plus forte hausse depuis 25 ans. Nous assurons ainsi qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte», souligne de son côté Paul Galles (CSV).  Il présente un calcul à plus long terme. Grâce à la revalorisation de l’allocation familiale, chaque enfant disposera de 10 800 euros de plus jusqu’à sa majorité.

À quelques exceptions près, les partis de l’opposition ont aussi largement salué la hausse de ces deux prestations familiales.

«Un enfant n’a pas d’influence sur le revenu de ses parents. Mais, chaque enfant doit avoir la possibilité de développer des compétences, de nouer des amitiés et de participer à des activités extrascolaires, exercer une activité sportive ou culturelle», appuie Claire Delcourt (LSAP). Par contre, le facteur décisif serait de savoir si les aides revues à la hausse vont vraiment permettre d’atteindre cet objectif.

Djuna Bernard (déi gréng) loue dans son ensemble le projet de loi, mais émet un bémol : «Aussi longtemps que le loyer consomme la moitié du revenu, chaque hausse des allocations familiales n’a pas de répercussion sur le budget des familles concernées. La politique de logement reste une clé majeure pour lutter contre la pauvreté infantile».

Ana Correia da Veiga (déi Lénk) émet aussi une inquiétude concernant le logement. «Un souci est le suivant : dans quelle mesure la hausse des allocations familiales aura-t-elle un impact sur le budget de référence qui rend une famille éligible pour toucher une subvention loyer?», s’interroge la néodéputée. Son parti aurait aussi suggéré que les montants accordés augmentent graduellement pour chaque enfant. Une option rejetée par le gouvernement.

Marc Goergen (Parti pirate) demande lui que les avances accordées aux familles les plus démunis par les offices sociaux ne soient pas prioritairement remboursées par les allocations familiales.

Une allocation réduite pour les frontaliers?

Comme souvent, c’est l’ADR qui a crée la zizanie. Son député Dan Hardy s’est interrogé sur la justification de verser la même allocation aux travailleurs résidents et frontaliers. Il estime «légitime» de se demander s’il est «équitable que deux enfants vivant côte à côte, par exemple à Metz, touchent deux allocations aux montants différents uniquement parce que les parents du premier travaillent au Luxembourg». Autre interrogation : «Est-ce que le système tient suffisamment compte du coût de la vie et des réalités sociales?».

Ben Polidori (LSAP) et Marc Goergen n’ont pas tardé à reprocher à l’ADR de vouloir aussi priver les Luxembourgeois vivant de l’autre côté de la frontière des allocations familiales.

Le ministre de la Famille, Max Hahn, a souligné que le gouvernement respecte à la lettre le cadre légal européen, qui impose un traitement égal de tous les travailleurs.

Il a en outre précisé le coût de la revalorisation de l’allocation familiale et de l’allocation de rentrée scolaire. Le budget 2027 prévoit une enveloppe supplémentaire de 200 millions d’euros, faisant augmenter le budget global de la Caisse pour l’avenir des enfants à 1,3 milliard d’euros.

La mesure va profiter à 125 000 familles et 207 000 enfants. Les 60 millions d’euros supplémentaires distribués dans le cadre du Complément vie chère vont constituer une aide supplémentaire pour 32 000 enfants.

L’ensemble du paquet a été voté à l’unanimité jeudi après-midi à la Chambre des députés.

 

Les nouvelles aides en bref

Allocations familiales
0–5 ans : +45 euros pour atteindre 352,35 euros
6–11 ans : +45 euros pour atteindre 330,58 euros
12 ans et plus : +365,34 euros pour atteindre 425,34 euros

Allocations de rentrée
6 à 11 ans : +60 euros pour atteindre 175 euros
12 ans et plus : +90 euros pour atteindre 325 euros

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