Accueil | A la Une | [Musique] Miaow Miaow ronronne toujours

[Musique] Miaow Miaow ronronne toujours


(Photo : miaow miaow)

Après la réédition en vinyle, fin juin, de leur premier album, Miaow Miaow remonte ce jeudi sur la scène du Gudde Wëllen, théâtre de ses débuts il y a vingt ans. Un symbole qui offre l’occasion de se plonger dans la malle aux souvenirs.

Quand il est tombé sur cette photo de 2007 où on les voit poser, casques de chantier sur la tête, comme des ouvriers du bâtiment, Max Nilles regrette qu’il n’y en ait pas davantage. «On sent qu’on est de l’époque d’avant les réseaux sociaux», rigole-t-il. C’était l’année du premier iPhone et des albums que l’on partageait sur Myspace. À Esch-sur-Alzette, la Kulturfabrik accueillait alors, dans ses dix salles de répétition, toute une clique de musiciens d’une vingtaine d’années, branchés rock plus ou moins technique, plus ou moins énervé.

Les groupes y fleurissent et garnissent la scène alternative luxembourgeoise : Actarus, Treasure Chest at the End of the Rainbow, Eyston, Hal Flavin, Do Androids Dream of Electric Sheep et un rescapé toujours en activité : Mutiny on the Bounty. La caméra de Govinda Van Maele a immortalisé cette scène dans un documentaire (We Might As Well Fail, 2011). Max Nilles, qui y figure, rembobine : «C’était le centre névralgique. Et les parents étaient contents de ne pas voir des jeunes mettre le bordel dans leur cave!»

Trois morceaux par dimanche

Son vieux camarade, le guitariste Nicolas «Pzey» Przeor, abonde dans ce sens, soulignant «l’effervescence» de l’endroit : «On jouait tous dans des groupes différents, on passait toutes nos journées ensemble». Soit pour se faire « un match de foot ou un petit barbecue », se souvient Max Nilles. Soit « pour apprendre des autres » : « On se filait des contacts, des conseils techniques… C’était tranquille, bienveillant, au cœur d’un vivier de passionnés», résume-t-il. Chez tous, en effet, un point commun : «Ce besoin viscéral de faire de la musique tout le temps, tous les jours», poursuit «Pzey».

Il y avait ce besoin viscéral de faire de la musique, tout le temps, tous les jours

Au gré des formations que l’on partage, qui disparaissent, et des répétitions qui finissent en jam collectif, va naître un énième larron : Miaow Miaow, petite bête plus instinctive que les autres. Les deux potes, liés par une amitié remontant au collège et par des examens de maths désastreux, se joignent alors à Cédric Czaika et Pierre Bianchi pour mettre sur pied un groupe à la patte originale, comme ça, sur «un coup de tête», raconte Max Nilles. Leur force? Un «naturel» désarmant et l’envie d’injecter davantage de pop dans leur jeu. «On voulait juste s’amuser!», lâche «Pzey». Tout y est alors «plus facile», car «moins pointu ou moins violent» que chez les autres.

Cette «spontanéité», cette approche «sans calcul» vont accoucher d’un disque qui, au Luxembourg, va faire date : Summertime for a Lifetime, avec ses airs de Weezer et de Modest Mouse, continue, près de vingt ans plus tard, de chatouiller l’oreille. «Il n’y a pas d’effet, c’est quelque chose de très brut», décortique le guitariste, vite relayé par le batteur : «C’est lié à une fraîcheur, à une naïveté même». Preuve de cette sincérité, les quatorze titres sont mis en boîte en un rien de temps. «On se voyait tous les dimanches et, à chaque fois, on écrivait deux ou trois morceaux», raconte «Pzey». Résultat? En «deux ou trois mois», l’affaire était pliée.

Retour rue du Saint-Esprit

«Ce n’est pas ce qu’on appelle de la haute voltige!», se marre Max Nilles, toujours «heureux» d’écouter ce disque ou de l’étrenner en live, comme à l’époque au D:Qliq. Beau symbole de cette histoire, c’est son successeur, De Gudde Wëllen, qui va remettre Miaow Miaow en selle après dix-sept ans d’absence. «C’est comme un retour à la case départ!», s’amuse «Pzey», qui détaille les circonstances de ces retrouvailles. D’abord, une «envie de rejouer», née pendant la pandémie de Covid-19, afin d’animer une scène en manque de représentants. Puis une première tentative concrète, à l’occasion des vingt ans de la Rockhal, pour lesquels le quatuor s’est reformé et a interprété Rio.

(Photo : miaow miaow)

«C’est comme le vélo : ça ne s’oublie pas!», témoigne «Pzey» à propos de cette renaissance, marquée par des «automatismes préservés». Celle-ci prend également la forme d’un vinyle, à l’initiative du label des Rotondes, Muaaah! Records. Sur platine, on pourra constater que la philosophie du groupe reste intacte, comme le rappelle Max Nilles : «Pas prise de tête, ni de politique. Juste passer du bon temps!» Idem ce jeudi sur scène : «Cette réunion, c’est surtout un prétexte pour revoir les vieux potes!» Et les «vieilles têtes» dans la salle reconnaîtront les anciennes gloires locales, définies avec justesse par De Gudde Wëllen : «On a des cheveux blancs, on a pris un peu de poids, mais on continue à jouer à fond et à chanter faux.»

Ce jeudi à partir de 20 h.
De Gudde Wëllen – Luxembourg.
Support : Odds Ratio.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.