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«Nous briserons les forces de l’ennemi» : l’OTAN met en garde la Russie


Alexus Grynkewich, chef militaire de l'OTAN en Europe, a tenu des propos fermes envers Moscou lors d'un forum sur la Défense à Varsovie. (Photo : afp)

Lors d’un forum à Varsovie, le commandant suprême des forces alliées en Europe a présenté la stratégie de l’OTAN pour contrer une éventuelle agression russe, tout en écartant la perspective d’un conflit imminent.

«Si quelqu’un est assez insensé pour nous attaquer, nous nous battrons. Nous arrêterons l’attaque et nous leur refuserons la possibilité d’atteindre leurs objectifs, quels qu’ils soient.» Au moment où les inquiétudes grandissent face à la menace russe, Alexus Grynkewich, chef militaire suprême de l’OTAN en Europe, a tenu un discours très attendu ce lundi lors d’un forum sur la Défense à Varsovie.

Le général américain a présenté sa «théorie de la victoire» sur la meilleure façon de battre la Russie en cas d’attaque, assurant toutefois qu’aucun conflit n’était imminent et que tout était fait pour éviter un malentendu : «Je ne considère pas qu’un conflit soit imminent ou inévitable. Il ne l’est pas.» Il existe néanmoins «un risque faible mais croissant que la Russie mène des attaques militaires limitées contre un pays de l’OTAN voisin de la Russie», a expliqué Thomas Ahrenkiel, le chef des renseignements militaires danois, le 24 septembre dernier.

Une «théorie de la victoire»

Après la découverte en août dernier d’un drone chargé d’explosifs à l’aéroport de Leipzig, attribué à la Russie par l’Allemagne, l’OTAN cherche à adresser un message fort à Moscou pour qu’elle mette fin à ce que des responsables occidentaux décrivent comme une campagne hybride de sabotages et d’ingérences visant les soutiens de l’Ukraine.

Si les intentions défensives et le maintien des lignes de communication ouvertes «afin de résoudre les malentendus et de favoriser la transparence» ne suffisent pas, Alexus Grynkewich se montre rassurant : «Dans ce cas, ma théorie de la victoire est simple : nous bloquerons l’attaque initiale.» Et si «l’attaque se poursuit, nous l’endiguerons et empêcherons l’ennemi d’avancer», a-t-il assuré. Enfin, «nous briserons les forces de l’ennemi ainsi que le système opérationnel de conduite de la guerre déployé contre nous».

Le commandant américain a aussi expliqué que les forces alliées ne chercheront pas à provoquer une «escalade», en référence apparente à l’utilisation d’armes nucléaires. En cas d’attaque, «le fardeau de l’escalade reposerait entièrement sur l’agresseur, lui, et lui seul, assumerait tout le poids moral, politique et stratégique de la décision de le faire», a-t-il déclaré.

L’OTAN, une alliance défensive

Son discours à Varsovie était également l’occasion de rappeler que l’OTAN était une «alliance défensive», qui n’a pas vocation à attaquer quiconque. Néanmoins, «personne ne doit confondre notre nature défensive avec de la faiblesse ou un manque de détermination». «Qu’il n’y ait aucun doute : si la guerre vient, nous bloquerons, nous étoufferons toute attaque, et ensuite, si elle ne cesse pas, nous briserons les forces qui mènent l’agression contre nous», a-t-il résumé.

Interrogé sur les attaques «hybrides», le général Alexus Grynkewich a expliqué qu’il était crucial que les pays membres de l’Alliance disent à la Russie, dans un message «clair et concis», où sont situées ses «lignes rouges» à ne pas franchir.

L’OTAN espère ainsi dissuader la Russie en l’accusant d’en être responsable à chaque fois que cela est possible, et en l’assurant de représailles, dont certaines, selon l’Alliance, ne peuvent pas être rendues publiques.

Le chef civil de l’OTAN, le secrétaire général Mark Rutte, a, lui, appelé les pays membres fin septembre à rester «calmes, continuer comme avant et soutenir l’Ukraine». «Nous ne devons pas être naïfs (…) concernant la Russie, mais nous sommes plus forts et ils le savent», a-t-il ajouté. Cette recrudescence des activités russes survient à un moment de vulnérabilité potentielle pour l’Europe : les États-Unis procèdent actuellement à un réexamen de leur déploiement militaire sur le continent, qui pourrait mener à des réductions des effectifs américains.

 

L’UE cible les ex-combattants et les diplomates russes

Les 27 pays de l’Union européenne ont apporté lundi leur soutien à une interdiction d’entrée dans l’Union des ex-combattants russes en Ukraine, mais «il nous reste simplement à régler les aspects techniques», a déclaré Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie de l’UE. Parallèlement, des discussions ont également lieu sur la limitation des déplacements des diplomates russes et le durcissement des critères d’octroi des visas touristiques pour les citoyens russes.

«Un élément important est de réduire les risques de sécurité à l’intérieur de nos frontières», a affirmé Kaja Kallas. La France se montrait jusqu’à présent réticente à une interdiction d’entrée des touristes russes, mais elle fait preuve désormais d’«esprit d’ouverture», selon un diplomate à Bruxelles.

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