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Applaudissons Navi Pillay

Le choix de Navi Pillay comme lauréate du prix Nobel de la paix ne pouvait être plus judicieux. Les réactions acerbes du gouvernement israélien et de l’administration Trump en sont, à elles seules, une parfaite illustration. À une époque où le droit international et les droits humains sont de plus en plus souvent piétinés, le comité Nobel norvégien a justement décidé de mettre à l’honneur les principes qui devaient guider l’humanité après les atrocités de la Seconde Guerre mondiale. Un vœu resté pieux dans bien trop de régions du monde. Mais ce n’est en aucun cas une raison de baisser la garde et de laisser le champ libre à ceux qui cherchent à imposer la loi du plus fort.

Navi Pillay, juriste sud-africaine et défenseure inlassable des droits humains, n’a jamais hésité à mettre le doigt là où ça fait mal. Le hasard a voulu que la nouvelle de l’attribution du prix Nobel de la paix lui parvienne à Nuremberg, dans la salle d’audience où furent jugés les principaux responsables nazis. Ce qui fait apparaître d’autant plus choquant le message publié par le ministère israélien des Affaires étrangères, selon lequel le chef de la propagande nazie, Joseph Goebbels, devait «applaudir depuis l’enfer» le choix de Navi Pillay. Son tort? À la tête d’une commission d’enquête indépendante de l’ONU, elle a conclu, en septembre 2025, que le gouvernement Netanyahu et l’armée israélienne commettaient un «génocide» à Gaza.

Donald Trump s’en est, lui, une nouvelle fois pris au comité Nobel pour l’avoir encore snobé. Le président américain s’est également attaqué à la Norvège, alors que son gouvernement n’intervient en rien dans le choix du lauréat. Bien plus grave encore est la décision des États-Unis d’imposer de nouvelles sanctions à la Cour pénale internationale (CPI). Washington affirme vouloir «défendre la souveraineté américaine et ses citoyens contre la menace» que représenterait la CPI. Vraiment? C’est plutôt la crainte de voir la Cour enquêter sur d’éventuels crimes commis lors d’interventions militaires injustifiées qui semble motiver cette réaction insensée. Un nouveau coup porté au multilatéralisme. Une logique similaire semble animer l’exécutif israélien. Or condamner l’action d’un gouvernement ne revient pas à «diaboliser les juifs».

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