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Attaque meurtrière contre l’aéroport de Ryad : au moins 12 morts, les autorités accusent les Houthis


(Photo : afp)

Au moins 12 personnes ont été tuées et 309 autres blessées dans une attaque menée samedi contre l’aéroport de Ryad, constituant le bilan le plus lourd enregistré dans le royaume depuis plus de dix ans. Les autorités saoudiennes ont imputé cette frappe aux Houthis du Yémen.

Quatre ressortissants saoudiens et huit étrangers, dont un citoyen américain, figurent parmi les victimes décédées, a précisé l’autorité de l’aviation civile dans un communiqué officiel.

«Ce qui s’est passé en Arabie saoudite n’est pas acceptable», a déclaré samedi soir le président américain Donald Trump, annonçant son intention de s’entretenir avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du pays.

Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière sur le sol saoudien depuis le mois d’août 2015, lorsqu’un attentat-suicide revendiqué par le groupe jihadiste État islamique (EI) avait fait 15 morts dans une mosquée au quartier général des forces spéciales à Abha, dans le sud du royaume.

L’autorité de l’aviation civile a indiqué sur X que l’attaque a visé l’aéroport international King Khalid. Parmi les victimes figurent «deux Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais». Les 309 blessés recensés comptent des cas graves.

«J’ai vu des blessés. Tout le monde courait», a témoigné un passager présent à proximité du terminal touché par le missile.

En réponse, la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite en soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale a dénoncé «un crime de guerre» et promis de réagir «avec fermeté». Les activités à l’aéroport ont été suspendues, et le ministère de l’Éducation a ordonné le passage des écoles de Ryad à l’enseignement en distanciel pour une durée d’une semaine.

«Grave escalade»

La coalition avait également signalé dans la soirée la chute d’un autre projectile près de l’aéroport de Dammam, dans l’est du pays, ainsi que l’interception d’un autre engin au sud-est de Ryad. L’aéroport de Dammam constitue, avec celui de Jeddah à l’ouest, une alternative à la plateforme de Ryad.

Face à l’afflux de victimes, des médecins ont été mobilisés en urgence dans les hôpitaux de la capitale, tandis que plusieurs ambassades ont conseillé à leur personnel d’éviter l’aéroport durant une semaine.

L’émissaire de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, a qualifié l’attaque de «grave escalade» en pointant la responsabilité des Houthis. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a également condamné avec force une frappe «visant des civils et des infrastructures essentielles» qu’il qualifie de «menace pour la paix». Le Pakistan est lié à la Turquie et à l’Arabie saoudite par un pacte de défense de La Mecque.

Ces violences surviennent alors que des frappes avaient déjà été revendiquées par les rebelles yéménites les mercredis et jeudis précédents. Trois Saoudiens, dont un pilote, avaient péri jeudi, tandis qu’un Égyptien, un Algérien et un Soudanais avaient perdu la vie la veille. Cette recrudescence d’attaques contre la capitale est inédite depuis le début du conflit en 2014 et l’intervention de la coalition en 2015. Le pays s’apprête en outre à accueillir en octobre sa grande conférence annuelle sur l’investissement.

Des représailles américaines envisagées

Selon des sources médiatiques américaines, Ryad a sollicité à plusieurs reprises l’aide des États-Unis face à l’offensive menée en septembre par les Houthis, qui ont pris le contrôle du littoral de la mer Rouge et renforcé leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb.

Interrogé à la Maison-Blanche sur l’éventualité de frappes américaines contre les rebelles pro-iraniens, Donald Trump a répondu : «C’est possible. Nous allons examiner la question. Nous venons tout juste d’apprendre cette récente attaque [à Ryad], nous prendrons donc une décision. Nous agissons très rapidement».

Sur le terrain, des sources militaires loyalistes ont indiqué samedi que les forces gouvernementales avaient progressé face aux Houthis près du détroit de Bab el-Mandeb, sans pour autant réussir à sécuriser cette route maritime cruciale, dont l’importance s’est accrue en raison des restrictions imposées par Téhéran dans le détroit d’Ormuz. Un responsable houthi, Hizam al-Asad, a affirmé de son côté que ses forces maintenaient le contrôle total de la zone et de l’île de Mayyoun.

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