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Le consentement, une question de génération?


Même après 50 ans de vie commune, la question du consentement ne se discute pas. (Photo : rl)

Un septuagénaire était jugé pour agression sexuelle, après que sa femme a refusé ses avances. «Je voulais lui caresser les seins, ce n’est pas une agression sexuelle.»

Même après 50 ans de vie commune, dont 48 sous le régime matrimonial, un homme doit s’assurer du consentement de son épouse avant tout acte de nature sexuelle. Cet habitant de Saint-Avold, 78 ans, l’a appris à ses dépens devant le tribunal de Sarreguemines.

Depuis plusieurs mois manifestement, Madame n’a plus les mêmes envies que Monsieur. Mais ce dernier tente, malgré tout, de lui toucher les parties intimes. Le 25 mars dernier, l’aventure prend un autre tour quand le septuagénaire décide de lui caresser les seins – un geste qu’elle repousse – avant de sortir son sexe de son caleçon. La victime hurle, mord son mari au bras, alertant les voisins qui font appel aux forces de l’ordre. Ce qui vaut au prévenu d’être poursuivi pour «agression sexuelle».

Mais le Naborien ne voit pas malice dans son geste. «J’aime ma femme. Elle a toujours été très attirante. Ce n’est quand même pas une agression sexuelle que de vouloir toucher son épouse? En plus c’était une scène privée», explique-t-il, très bavard, à la barre du tribunal. Car les juges ont beau tenter de le pousser dans ses retranchements, insistant sur le fait que Madame avait dit «non», il n’en démord pas : «Vouloir caresser les seins de sa femme, c’est une contrainte?», s’interroge-t-il.

Très remonté contre celui «pour qui la volonté de sa femme n’a aucune valeur», le parquet requiert 14 mois de prison, dont six ferme aménageables sous bracelet électronique.

«Il crève d’amour»

Pour la défense du prévenu, Me Gagneux temporise. «Notre société évolue sur la question du consentement et c’est une bonne chose. Mais peut-être trop vite pour quelqu’un qui avait la notion du devoir conjugal. Ce n’est pas un délinquant sexuel; il crève juste d’amour pour sa femme. Une telle réaction de la part d’un type de 30 ans m’aurait choqué. Moins de la part d’un homme de 78 ans.»

Le tribunal décide de toucher le prévenu au porte-monnaie. Il le condamne à une amende de 3 000 euros et révoque une précédente amende avec sursis de 2 000 euros. Enfin, il lui fait interdiction d’entrer en contact avec son épouse, ou de paraître au domicile conjugal, pour une durée de six mois.

Cécile Chambru

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