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La pomme est cueillie

Nouvelle année budgétaire, toujours pas de coupes pour équilibrer les finances publiques. Comme l’année dernière, le ministre des Finances, Gilles Roth, et avec lui le gouvernement CSV-DP, n’a pas cherché à réduire la voilure. Et cela, malgré un déficit qui se détériore en 2026, passant de 1,49 à 1,89 milliard d’euros, puis un nouveau déficit prévisionnel de 1,9 milliard en 2027.

Un dérapage à 2,2 milliards d’euros se profile même pour 2028, année électorale qui verra aussi entrer en vigueur la réforme fiscale. L’introduction d’une classe d’imposition unique, dont le coût est estimé dans un premier temps à 800 millions d’euros, doit profiter à toutes les catégories de la population, en premier lieu aux familles. Dans le même temps, les dépenses de défense vont dépasser le cap des 1,5 milliard d’euros.

Mais, pour l’instant, le trésorier en chef de l’État ne voit pas la nécessité de trancher dans le vif. À tort ou à raison? Le pari de Gilles Roth consiste, à l’instar de nombre de ses prédécesseurs, à miser sur une politique budgétaire anticyclique, qui doit permettre aux ménages et aux entreprises de rebondir.

La marge financière serait suffisante pour augmenter les dépenses de 32,6 à 35,8 milliards d’euros, avec à la clé des investissements publics record de 4,5 milliards d’euros. Dans leur ensemble, les recettes – estimées à 33,9 milliards d’euros en 2027 – progressent plus rapidement que les dépenses. Un effet ciseaux positif, vanté par le ministre des Finances. Il souligne aussi que la dette publique ne devrait pas dépasser les 30 % du PIB, un seuil que les gouvernements successifs se sont imposé pour éviter toute dérive des finances publiques.

Les priorités budgétaires définies reflètent les domaines dans lesquels l’État se doit d’investir : cohésion sociale, infrastructures, logement, compétitivité, défense, sécurité, transition énergétique et révolution numérique. Le retard à rattraper reste important dans bon nombre de ces domaines. Dans leur globalité, les finances publiques restent solides. Il ne faudra cependant pas rater le bon moment pour freiner la cadence. Car la fameuse «pomme pour la soif», toujours réclamée par Gilles Roth lorsqu’il était chef de l’opposition, est d’ores et déjà cueillie.

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