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Meurthe-et-Moselle: après la mort du petit Noa, le gynécologue condamné à trois ans de prison avec sursis


Le gynécologue obstétricien condamné était en contrat de vacation à l’hôpital de Mont-Saint-Martin. (Photo d'illustration rené bych)

Près de quatre ans après le décès du petit Noa, huit jours après sa venue au monde à l’hôpital de Mont-Saint-Martin, le gynécologue obstétricien qui avait pris en charge sa maman a été condamné pour homicide involontaire.

Le 7 novembre 2022 devait être un jour heureux pour la famille Iannizzi. Après plusieurs années de combat contre un cancer, Suzanne attendait la naissance de son petit Noa. Cette précieuse grossesse, obtenue après plusieurs tentatives d’insémination artificielle, s’était jusque-là déroulée normalement. Mais après avoir permis l’arrivée de cet enfant, la médecine est aussi à l’origine de la défaillance qui lui a coûté la vie.

À leur arrivée à l’hôpital de Mont-Saint-Martin, les Iannizzi étaient à mille lieues d’imaginer le cauchemar qu’ils allaient vivre. L’après-midi, Suzanne ressent une douleur en bas du ventre qui s’intensifie et se diffuse rapidement dans tout l’abdomen, malgré la péridurale. «J’ai senti une rupture, un truc qui s’est déchiré en moi. J’avais l’impression d’être en train de mourir». Le rythme cardiaque du bébé chute, jusqu’à atteindre soixante battements par minute.

Une attitude «nonchalante»

Malgré les cris de Nicolas, le papa, et la sage-femme qui tente d’alerter à plusieurs reprises le gynécologue obstétricien, occupé par une autre intervention, ce dernier arrive tardivement. Et son attitude «nonchalante» laisse sans voix toutes les personnes ayant assisté à la scène. D’abord, il décide de ne pas recourir à la césarienne alors que  tous les signaux indiquaient qu’il y avait une nécessité absolue», rapporte le ministère public. Il opte pour l’accouchement par voie basse. «Il a appuyé comme un malade sur mon ventre. J’ai retiré ses mains en hurlant de douleur. J’étais incapable de pousser», décrit la maman. Le médecin se mue ensuite en «spectateur» : «Il ne faisait rien, il marchait dans la salle», dépeint la sage-femme. «Bon, bah on va au bloc», se résout-il finalement, en soufflant, avant de déclarer un code orange plutôt que rouge.

Une fois extrait du ventre, Noa est transféré en urgence à l’unité de soins intensifs néonatals de Nancy, où il décédera huit jours plus tard d’une «anoxie au cours de l’accouchement. Les experts valident «une imputabilité confirmée avec un lien direct, certain et exclusif entre le retard de prise en charge et le décès de Noa». «S’il était tombé sur un professionnel compétent, il n’y aurait eu aucune difficulté», fustige l’avocate des Iannizzi.

Trois ans de sursis

Absent à son procès pour des raisons de santé ce mardi 29 septembre au tribunal correctionnel de Val de Briey, le gynécologue âgé aujourd’hui de 79 ans s’en est remis à son conseil. La robe noire estime que Suzanne a été victime, avant l’intervention de son client, d’une rupture utérine qui serait la véritable cause du drame. «Il y a du sang qui s’échappe dans la cavité abdominale et qui se mélange au liquide amniotique. À 18 h 07, quand le docteur arrive, malheureusement, le mal est fait».

Une version que les magistrats écarteront en condamnant le médecin à trois ans de prison avec sursis et une interdiction définitive d’exercer sa profession. Il devra aussi verser plus de 60 000 euros de dommages et intérêts à la famille meurtrie.

L’hôpital de Mont-Saint-Martin , par la voix de son avocat, a présenté ses excuses.

Alexis Vaury
(Le Républicain lorrain)

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