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Après 12 ans, l’armée américaine quitte l’Irak


Un défilé militaire a ponctué le retrait des troupes américaines d’Irak. (Photo : afp)

Les dernières troupes de la coalition antijihadiste ont quitté le pays, laissant les Kurdes dans l’inquiétude.

L’alliance comprenait des effectifs de plus de 80 pays, notamment de France ou de Grande-Bretagne, progressivement partis ces derniers mois.

Les forces internationales avaient été déployées en Irak et en Syrie en 2014, où l’État islamique (EI) s’était emparé de vastes pans de territoire et avait commis des atrocités. Après avoir défait le groupe en 2017 en Irak puis en 2019 en Syrie, elles étaient restées sur place pour en combattre les derniers éléments, mais Bagdad et Washington ont décidé en 2024 de mettre fin à cette mission, même si des poches de jihadistes demeurent dans certaines zones désertiques.

La coalition, qui a quitté la Syrie plus tôt cette année, a entamé son retrait d’Irak en 2025, limitant sa présence à l’aéroport d’Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan, dans le nord.

Le Pentagone a annoncé le départ mercredi des dernières troupes d’Erbil, saluant «la conclusion réussie de la mission militaire qui a vaincu» l’EI. Il a cependant assuré qu’il continuerait «à fournir une formation ciblée et un soutien en matière de renseignement» à l’Irak.

«Aucun moyen de protéger le ciel»

Au fil des années, la coalition a aussi abattu dans l’espace aérien du Kurdistan de très nombreux drones et missiles, certains ciblant ses bases et d’autres visant les sites pétroliers de la région.

Avec la fin de la mission de la coalition, les Kurdes, qui accusent les groupes armés irakiens soutenus par Téhéran d’être derrière ces attaques, sont inquiets. «Nous n’avons aucun moyen de protéger le ciel du Kurdistan», a déclaré un commandant militaire kurde.

L’ancien président du Kurdistan, Massoud Barzani, a parlé d’une «très bonne coordination avec le gouvernement fédéral irakien pour faire face à tout type de menace ou de danger».

Lors d’une cérémonie mercredi, le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi, a lui salué «une nouvelle étape» dans l’histoire du pays. Elle sera marquée selon lui «par la souveraineté de l’Irak, la solidité de ses institutions (…) et des partenariats équilibrés avec ses amis», une apparente référence aux États-Unis et à l’Iran, les deux puissances ennemies, influentes dans le pays.

L’Irak est désormais confronté à la lourde tâche de désarmer les puissants groupes pro-iraniens qui, pendant des années, avaient combattu le même ennemi que la coalition : l’EI.

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