Accueil | A la Une | ONU : «Le risque d’escalades est une réalité», alerte Bettel

ONU : «Le risque d’escalades est une réalité», alerte Bettel


Xavier Bettel en échange avec Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations Unies. (Photo : mae)

Le ministre des Affaires étrangères tire un bilan sombre de l’Assemblée générale de l’ONU. À ses yeux, la loi du plus fort prend de plus en plus souvent le dessus, au détriment de la coopération multilatérale.

Il commence par le moment fort pour le Luxembourg lors de la grand-messe des Nations unies. «Je suis très fier que le Grand-Duc Guillaume ait été présent à New York. J’ai trouvé qu’en ces temps où le multilatéralisme est vraiment remis en question, il était important qu’un petit pays qui y croit profondément soit représenté au plus haut niveau», souligne d’emblée Xavier Bettel.

Le ministre des Affaires étrangères loue d’ailleurs le discours du souverain, qui a appelé la communauté internationale à «ne pas céder à la tentation de renoncer à la coopération». «On a vraiment besoin du multilatéralisme et du dialogue pour la paix, et non pas de la loi du plus fort. Il est important de le rappeler à l’un ou l’autre», souligne Xavier Bettel. Le constat n’aurait cependant pas changé depuis la dernière assemblée générale. «L’instabilité et les tensions demeurent. Le risque d’escalades est une réalité», avance le chef de la diplomatie luxembourgeoise, qui rappelle que plus de 60 conflits armés font actuellement rage à travers le monde, les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine inclus.

Il se dit surtout indigné par le «piétinement» du droit international et humanitaire «sans que personne n’en soit tenu responsable». Dans cet ordre d’idées, Xavier Bettel n’épargne pas le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui ne montrerait toujours aucune volonté de renoncer aux bombardements à Gaza et à la colonisation illégale de territoires palestiniens.

L’UNRWA plutôt que Netanyahu

Jeudi, le ministre des Affaires étrangères n’a pas assisté au discours de Benjamin Netanyahu en séance plénière. De nombreuses délégations ont quitté la salle en guise de protestation. Pas celle du Luxembourg. «Au niveau de l’UE, on s’était mis d’accord pour être représenté au plus bas niveau», indique Xavier Bettel. Dans une salle de réunion voisine, le ministre libéral avait invité ses homologues de France, de Norvège, du Brésil, de la Jordanie et de l’Arabie saoudite pour discuter à propos du soutien à l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour l’aide humanitaire à Gaza.

Le diplomate en chef du Luxembourg compte finaliser sous peu le texte interdisant l’importation de produits issus des territoires occupés. «Une action symbolique, car le volume des échanges se limite à 10 000 dollars. Mais je vais insister pour que l’UE adopte enfin des sanctions plus importantes», annonce Xavier Bettel.

Il regrette en outre que «la tribune des Nations unies, destinée à s’adresser au monde entier, se transforme de plus en plus en tribune pour tenir son propre meeting électoral».

Le Luxembourg continuera toutefois à pleinement soutenir l’ONU. Sans cacher qu’une réforme du Conseil de sécurité est nécessaire, avec l’attribution d’une voix à l’Afrique et un renforcement du rôle de l’Assemblée générale pour contourner les blocages des cinq membres permanents.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.