Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement formé par le CSV et le DP a multiplié les initiatives pour relancer un secteur de la construction et un marché du logement en berne. Les paquets de mesures successifs – combinant incitatifs fiscaux, simplification administrative et instruments de financement – n’ont pas encore permis d’amortir une crise devenue chronique. Fin décembre 2022, la Fédération des artisans et la Chambre des métiers sonnaient une première fois l’alerte : «La vente tend à zéro». Deux ans plus tard, le nouveau Premier ministre, Luc Frieden, se félicitait que les mesures prises depuis le début de 2024 «portaient leurs premiers fruits». Dans les faits, la situation n’a pas trop évolué, au détriment des citoyens à la recherche d’un logement et les acteurs du terrain.
«Le Luxembourg se trouve à un carrefour historique. Nous ne pouvons pas rester figés sur le statu quo», lançait mercredi soir Marc Giorgetti, le président du conseil d’administration du Groupement des entrepreneurs. Pour le 75e anniversaire de cette association, l’heure n’était pas vraiment à la fête. En surplus des «bonnes bases» déjà posées par le gouvernement, le secteur réclame ainsi une nouvelle série d’incitatifs fiscaux et une accélération de la simplification administrative. Le Groupement plaide aussi pour une flexibilisation des heures de travail, un des dossiers les plus épineux qui se trouvent sur la table du ministre Marc Spautz, décidé à trouver un accord avec les syndicats et le patronat.
Un chiffre ne doit pas être perdu de vue : le logement représente 30 % de l’ensemble de l’activité du secteur du bâtiment. Le paradoxe reste entier. L’énorme pénurie de logements devrait doper la construction. L’Observatoire de l’habitat constate tout au plus une normalisation progressive de l’activité immobilière. La vente de 1 300 appartements existants au deuxième trimestre représente une baisse de 33,9 % sur un an. À peine 225 appartements en construction ont trouvé acquéreur, soit près de 68 % de moins que la moyenne des deuxièmes trimestres de 2017 à 2021. Les 700 maisons vendues ne permettent également pas de sauver la mise.
Le «début de la fin du tunnel» que le Premier ministre pensait apercevoir fin 2024 est encore loin.