Un dimanche électoral, deux mondes différents. D’un côté, le parti de Vladimir Poutine, Russie unie, a largement remporté des législatives organisées sans véritable opposition au Kremlin. Un scrutin que l’on doit qualifier de farce. De l’autre, l’Allemagne a connu deux élections régionales respectant pleinement les règles démocratiques. Mais le verdict des urnes a de quoi inquiéter. Le parti d’extrême droite AfD a une nouvelle fois confirmé sa forte progression. Deux semaines plus tôt, le parti antimigrants et pro-russe avait déjà provoqué un séisme politique en remportant 43,8 % des voix en Saxe-Anhalt. Faute de majorité absolue et de partenaire de coalition, aucune voie ne se dessine toutefois pour permettre à l’extrême droite de diriger un Land allemand pour la première fois depuis 1945.
Le rejet de la politique du chancelier Friedrich Merz pousse de nombreux électeurs vers l’AfD, sans qu’ils soient tous acquis à l’extrême droite. Au Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, les sociaux-démocrates du SPD pourraient gouverner avec les Verts et la gauche radicale Die Linke. Une alliance qui s’annonce très compliquée à conclure. La CDU est, elle, éjectée du Parlement régional. Un «désastre électoral», selon Friedrich Merz, désormais sous forte pression, mais déterminé à poursuivre ses réformes impopulaires, qu’il juge indispensables pour remettre l’Allemagne à flot. À Berlin, Die Linke est confrontée au même défi pour former une coalition similaire et maintenir l’AfD à l’écart du pouvoir.