Lancé dans des travaux d’agrandissement, le musée Picasso de Paris va les financer en partie grâce au tirage de bronzes reproduisant des œuvres de l’artiste, dont quatre ont été cédées pour quelque 40 millions d’euros, a annoncé sa directrice, Cécile Debray. «Nous sommes fiers de l’implication de la famille Picasso», a-t-elle déclaré, qualifiant l’accord obtenu pour ces reproductions de «quelque chose d’assez miraculeux».
«J’avais toujours dit que je ne ferais pas de tirages posthumes», a ainsi relevé Paloma Picasso, la fille de l’artiste mort en 1973. Elle a également fait valoir que «l’œuvre sculptée de Picasso n’est toujours pas reconnue à sa juste valeur».
Les quatre reproductions vendues ont été acquises par la Fondation Don Quixote aux Pays-Bas, principal donateur du Rijksmuseum d’Amsterdam, dont les jardins accueilleront ces œuvres. Quatre autres rejoindront le jardin du musée parisien. Parmi les sculptures de Picasso reproduites figurent La Chèvre (1950) et la Tête de femme (1931), deux des œuvres emblématiques du maître du cubisme.
Présenté l’an passé, le projet d’extension du musée, d’un coût total de 55 millions d’euros et baptisé «Picasso 2030», prévoit notamment d’agrandir le jardin du bâtiment historique du musée, d’aménager son rez-de-chaussée et son sous-sol pour de nouveaux services, et de dessiner une nouvelle aile de 800 m2 dédiée aux expositions temporaires.
À Paris, une dizaine de sculptures de l’artiste seront visibles gratuitement dans le jardin à l’horizon 2030. Les 15 millions d’euros encore nécessaires pour financer le reste des travaux seront récoltés grâce au mécénat et quatre millions ont déjà été obtenus ainsi, a souligné Cécile Debray. Cinq finalistes, parmi 150 candidatures, ont en outre été dévoilés dans le cadre du concours architectural lancé pour choisir l’équipe chargée de la nouvelle aile du musée et de son jardin. Le nom des lauréats doit être annoncé en janvier 2027.