[À L’ÉTRANGER] Gerson Rodrigues va découvrir son dix-neuvième club, à 31 ans. Peut-il aller chercher, un jour, le record du monde de l’Uruguayen Sebastian Abreu, le plus versatile de tous les joueurs du monde?
Gerson Rodrigues n’est plus, depuis longtemps, un joueur qu’on s’attend à voir rester plus d’un seul exercice dans un club. C’est même déjà beau quand il finit une saison au même endroit que là où il l’a commencée. En fait, cela ne lui est arrivé qu’une fois dans sa carrière, il y a plus d’une décennie : il a survécu deux ans à Kayl/Tétange entre 2014 et 2016 et l’actuel pensionnaire de Division 2 peut s’en vanter, il est le seul à avoir fidélisé à ce point le divin rasta.
Depuis qu’il a commencé en seniors en 2013, au Swift Hesperange, «GR10» aura fréquenté la bagatelle de dix-neuf clubs, dans treize pays différents. Du Japon au Portugal, de la Thaïlande aux Pays-Bas. En 2019, 2022 et 2024, Gerson aura même joué pour trois clubs différents. Il est presque risible, aujourd’hui, de voir que certains pensent encore pouvoir domestiquer et sédentariser ce loustic. À l’échelle de ses manquements aux principes sacrés des sports collectifs, ce n’est pas plus une carrière qu’il a, c’est un casier!
Gerson a commencé la saison 2026/2027 avec le Vardar Skopje, en Macédoine? Il la finira (?) en Ukraine avec le Zorya Louhansk, où il s’est engagé officiellement jeudi.
C’est donc son dix-neuvième club en carrière. C’est monumental. Mais c’est encore loin des… 32 clubs de Sebastian Abreu, dit «El Loco» (NDLR : le fou), soit le recordman du monde (il est même répertorié au Guinness Book) des changements de destination.
Y a-t-il la moindre chance que Gerson Rodrigues rattrape l’international uruguayen, transformant sa carrière chaotique en chef-d’œuvre d’inconséquence? Alors il faudra frapper fort et tenir la distance car pour accéder à un tel total, Abreu a pris sa retraite sportive… à 44 ans, après 26 saisons au plus haut niveau.
Seulement 15 rencontres par an
Et sa carte de visite est autrement plus impressionnante que notre Gerson Rodrigues national. Dont la façon bien à lui de gérer sa carrière est en passe d’accéder à une postérité par défaut et de s’inscrire dans un récit fascinant. Mais tous les suiveurs du football national, de ceux que ça amuse à ceux que ça énerve, s’unissent unanimement pour reconnaître que c’est avant tout un beau gâchis.
Abreu, lui, a écumé plusieurs clubs majeurs d’Amérique du Sud (River Plate, Tigres, Cruz Azul, Gremio, Botafogo, Rosario…), quelques clubs européens (Beitar Jerusalem, La Corogne, Real Sociedad) et compulsé 70 capes en sélection uruguayenne (26 buts), avec laquelle il s’est hissé jusqu’en demi-finale du Mondial-2010. Fatalement, Gerson Rodrigues reste encore loin derrière. Ne serait-ce que parce qu’Abreu pèse environ 400 buts en clubs alors que «GR10», si performant avec les Rout Léiwen (23 réalisations) en est à peine plus de 70 dans ses différentes équipes. Il faut dire qu’il n’aura disputé, dans sa carrière professionnelle, «que» 198 rencontres, soit une moyenne riquiqui de 15 en moyenne par an.
Il n’empêche, il peut encore se raccrocher à ce record d’Abreu, établi entre 1995 et 2022, même si c’est par défaut. En se disant qu’à 31 ans, Abreu n’avait, lui, joué «que» pour onze clubs différents. Il en fréquentera vingt et un par la suite. Si Gerson suit la même trajectoire et continue d’enchaîner à ce rythme infernal, démentiel même, il effacera l’Uruguayen des tablettes les doigts dans le nez.
Cela marquerait sûrement l’histoire, d’une façon certes bien différente de celle dont on espérait qu’il la révolutionnerait au regard de son talent, mais puisque Gerson Rodrigues ne fait jamais rien comme les autres…
Façon «El Loco»?