Pourtant favori des sondages pour la présidentielle, le RN s’est montré discret hier après la victoire de l’AfD.
Au lendemain de la victoire historique de l’AfD en Saxe-Anhalt, ni Marine Le Pen ni Jordan Bardella n’ont réagi au triomphe de leurs sulfureux ex-alliés d’extrême droite. Les lieutenants du RN se sont contentés de «prendre acte», en rappelant la rupture consommée avec le parti allemand.
Certains silences font plus de bruit que d’autres. Surtout après avoir tant parlé : en un weekend à peine, le Rassemblement national s’est offert deux polémiques, sur l’aide à l’Ukraine et la gestion de l’immigration vers le Royaume-Uni. Son président Jordan Bardella a multiplié les interviews à la presse étrangère, et participé à un forum économique en Italie, pour arrondir l’image de son parti aux portes du pouvoir. Et lorsque l’Europe entière est secouée par la victoire sans appel des nationalistes prorusses et antimigrants de l’AfD dans un Land de l’ex-Allemagne de l’Est, la première formation politique de France reste mutique. La veille du scrutin outre-Rhin, Jordan Bardella avait pourtant semblé se satisfaire que «la pression électorale exercée par l’AfD (ait) contribué à faire bouger les lignes au sein du gouvernement allemand», qui a rétabli il y a quelques mois des contrôles à ses frontières.
Mais le président du RN avait aussi souligné qu’«un certain nombre de désaccords» l’avaient «amené à prendre (ses) distances avec l’AfD». Une rupture consommée avec pertes et fracas en 2024, après la révélation d’un plan secret d’expulsion massive de personnes d’origine étrangère, et des déclarations d’un élu considérant qu’un SS «n’est pas automatiquement un criminel». Après cinq ans d’alliance au Parlement européen, le parti à la flamme avait donc fait «le choix de ne pas siéger» avec l’AfD à Bruxelles.