C’était il y a 20 ans. Le Luxembourg adoptait une nouvelle loi antitabac stricte. Il était dorénavant interdit de fumer dans les cafés et les restaurants. Fini la clope avec son petit noir accoudé au zinc. Fini la cigarette après un copieux repas. Et c’est tant mieux.
À l’époque, certains restaurateurs avaient même devancé cette nouvelle réglementation mise en place par le ministre de la Santé Mars Di Bartolomeo. Chez eux, les amateurs de nicotine étaient priés de fumer dehors. Quel choc! Ils en avaient marre de voir leurs clients non-fumeurs baigner dans un épais brouillard ou leur équipe absorber tous ces produits nocifs sans le demander en servant les invités.
Ces patrons passaient alors pour de sacrés révolutionnaires. Et pourtant. Maintenant, qui oserait demander le retour des cigarettes dans les cafés ou les boîtes de nuit? Pas grand monde. Nous n’avons pas encore vu de pétition atterrir à la Chambre des députés demandant ce retour à la «liberté des fumeurs».
En 2006, certains patrons de bars ou de discothèques annonçaient même la fin de leur commerce avec cette interdiction. L’apocalypse n’a pas eu lieu. Seul changement : les cendriers ont fleuri sur les trottoirs. Et les fumeurs se sont adaptés.
La clope a mauvaise presse et c’est tant mieux. Aujourd’hui, il est interdit de fumer dans de nombreux endroits. Tous les lieux clos accueillant du public, bien sûr. Qu’ils soient publics ou privés.
Il est aussi évidemment interdit de fumer dans les établissements scolaires et leur enceinte, les crèches, les hôpitaux, les transports publics et les lieux de travail fermés, mais également sur les aires de jeux, dans les enceintes sportives où des moins de 16 ans font du sport… et dans les véhicules avec des enfants de moins de 12 ans. Gare à l’amende en cas de non-respect de ces règles qui sont devenues tellement évidentes aujourd’hui.
Quand on se retourne et que l’on regarde ce qu’il se passait il y a trente ans ou quarante ans, cela nous fait tousser rien que d’y penser. Mais, malgré ces efforts et ces contraintes, le nombre de fumeurs n’a pas forcément baissé au Grand-Duché.
Nouveaux produits, nouvelles façons de consommer le tabac, paquet dont le prix reste abordable pour les jeunes… il y a encore beaucoup à faire pour réduire l’usage de ce produit si mauvais pour la santé.