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Troubles du comportement à l’école : des aides solides mais mal coordonnées


(Photo: pexels)

Un nouveau rapport pointe un manque de communication entre tous les acteurs dédiés à la prise en charge d’élèves présentant des troubles du comportement.

Dans son rapport «Coordination matters» publié le 1er septembre, l’Observatoire national de l’enfance, de la jeunesse et de la qualité scolaire (OEJQS) montre que si les différents dispositifs de soutien en place au Luxembourg pour accompagner les enfants avec des troubles du comportement fonctionnent bien chacun de leur côté, leur coordination reste défaillante.

Le document s’appuie sur une enquête menée auprès des présidents des commissions d’inclusion (CI) – 93 % au fondamental, 63 % au secondaire – complétée par trois groupes multiprofessionnels.

Et les résultats convergent : le nombre d’élèves concernés augmente, tandis que les difficultés apparaissent de plus en plus tôt, parfois dès le préscolaire, et se compliquent par la suite.

L’agressivité des élèves augmente

Ainsi, dans l’enseignement fondamental, la plupart des sondés rapportent des problèmes d’agressivité ou de non-respect des règles de la part des élèves, qui se muent par la suite en anxiété, en évitement scolaire ou en symptômes dépressifs une fois au secondaire.

Une tendance en droite ligne avec les données internationales, puisque l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’un adolescent sur sept entre 10 et 19 ans souffre aujourd’hui d’un trouble psychique.

Au Luxembourg, l’étude HBSC menée en 2022 confirmait cette évolution, avec une nette hausse des plaintes pour stress, nervosité, douleurs ou difficultés à s’endormir, en particulier chez les filles de 13-14 ans.

Un paradoxe luxembourgeois

Au niveau des moyens mis en œuvre, les conditions semblent favorables au Grand-Duché, avec des ressources humaines dédiées à l’éducation inclusive triplées entre 2017 et 2025, des classes parmi les plus petites de l’OCDE et des dépenses par élève parmi les plus élevées.

Cependant, présidents de CI, enseignants, personnels de l’ESEB (Équipe de soutien des élèves à besoins spécifiques) ou du SePAS (Service psycho-social et d’accompagnement scolaires) décrivent unanimement une surcharge de travail, des responsabilités floues et un manque de coordination.

L’enquête constate que les dispositifs de soutien sont jugés globalement satisfaisants, mais qu’ils manquent de coordination. Avec des conséquences concrètes pour les élèves : délais d’attente prolongés pour un accompagnement, pertes d’informations lors des transitions scolaires et répartition peu claire des responsabilités entre acteurs scolaires et extrascolaires. Un problème connu et déjà mentionné dans des rapports précédents de l’OEJQS.

Le cadre à revoir en priorité

Les auteurs du rapport mettent donc les autorités en garde. D’après eux, répondre à ces dysfonctionnements en créant de nouvelles structures ou en augmentant les financements, sans revoir le cadre existant, reviendrait à un coup d’épée dans l’eau. D’où quatre recommandations claires formulées par l’OEJQS.

D’abord, il estime nécessaire d’organiser «de manière contraignante» la coordination et le pilotage des cas. Avec des responsabilités clairement définies, des réunions de concertation obligatoires, une fonction de coordination dans chaque établissement scolaire et des processus harmonisés entre écoles, centres de compétences et services externes.

Vigilance accrue lors des transitions

Assurer la continuité de l’information apparaît également indispensable. L’OEJQS plaide ainsi pour mettre en place des équipes de transmission obligatoires lors des transitions scolaires, afin d’éviter les ruptures et de développer en même temps un suivi des données.

Les auteurs du rapport pointent l’opportunité de «passer d’une logique d’intervention de crise à un modèle de prévention et de soutien» en incluant prévention précoce, soutien ciblé en groupe et accompagnement intensif individualisé.

Enfin, dans le but de renforcer la compréhension professionnelle partagée et le développement des compétences, l’OEJQS recommande de construire une base commune via des formations, des cadres de référence partagés et des approches de travail fondées sur les situations directement tirées du terrain.

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