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Vignette belge : le Luxembourg réclame une zone frontalière exemptée


L’objectif serait de préserver les déplacements de proximité jugés indispensables au fonctionnement des bassins de vie transfrontaliers. (Photo : Vincent Lescaut)

Alors que la Belgique veut mettre en place une vignette routière obligatoire, le gouvernement luxembourgeois demande à la Wallonie d’étudier une exemption pour les déplacements transfrontaliers de proximité.

Le Luxembourg hausse le ton face au projet belge de vignette routière. Alors que la Belgique prévoit d’instaurer, à partir du 1er mai 2027, une redevance pour les automobilistes circulant sur son réseau, le gouvernement luxembourgeois indique avoir déjà demandé à la Wallonie d’envisager une exemption dans les zones frontalières.

La question a été soulevée par le député Marc Hansen (DP), qui souhaitait notamment savoir si le gouvernement avait été informé du projet, quelle était sa position et s’il entendait négocier une exemption pour les résidents du Luxembourg.

Dans leur réponse commune, datée de ce vendredi 21 août, la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes (DP) et le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel (DP) détaillent les démarches entreprises par le gouvernement.

«Préserver» un espace transfrontalier très intégré

Sur le principe, le Luxembourg ne conteste pas à la Belgique le droit de mettre en place une telle mesure. «Le gouvernement reconnaît la souveraineté belge en matière de politique routière», écrivent les ministres. Mais ils soulignent dans la foulée la particularité de la Grande Région, décrite comme «l’un des espaces transfrontaliers les plus intégrés et les plus dynamiques d’Europe», qu’il faudrait «absolument préserver».

Le gouvernement dit surtout avoir fait part à la Wallonie de ses «inquiétudes» concernant les conséquences du projet pour les habitants et travailleurs qui empruntent quotidiennement les axes concernés. Il redoute notamment des effets négatifs sur les commerces de proximité et, plus largement, sur le dynamisme économique des régions frontalières.

Autre crainte exprimée par le Luxembourg : un éventuel report du trafic vers les routes communales. Un phénomène qui pourrait, selon le gouvernement, se faire «au détriment de la sécurité routière, de l’environnement et de la qualité de vie» dans les communes situées de part et d’autre de la frontière.

Une exemption pour les trajets de proximité?

C’est sur ce point que la réponse parlementaire apporte l’élément le plus concret. Le gouvernement luxembourgeois affirme avoir directement interrogé la Wallonie sur «la possibilité d’une mise en place d’une zone frontalière exemptée de redevance». L’objectif serait de préserver les déplacements de proximité jugés indispensables au fonctionnement des bassins de vie transfrontaliers.

Aucune exemption n’est toutefois acquise à ce stade. La réponse précise que le dossier relève de la compétence des Régions belges et que le Luxembourg cherche encore à obtenir des «clarifications concernant les modalités concrètes d’application de la future vignette».

Le gouvernement s’est également renseigné sur d’éventuels aménagements pour certaines catégories d’usagers, notamment les véhicules de police et les services d’incendie et de secours.

Mesurer l’impact

Avant de se prononcer plus précisément, le gouvernement souhaite par ailleurs connaître les effets concrets du dispositif. Il a demandé à la Wallonie si une étude d’impact globale avait été réalisée, prenant en compte «les dimensions économiques, sociales, environnementales et les effets potentiels de report de trafic».

Le gouvernement ne mène d’ailleurs pas ces discussions avec la seule Belgique. Il indique avoir également pris contact avec ses homologues français, allemands et néerlandais afin d’échanger sur les conséquences potentielles de cette future vignette belge.

Le projet, qui avait déjà suscité des inquiétudes chez les automobilistes étrangers appelés à emprunter régulièrement le réseau routier belge, entre donc désormais dans une phase de discussions transfrontalières.

Reste à savoir si Bruxelles et surtout les Régions belges accepteront de préserver une exception pour les déplacements du quotidien dans les zones frontalières.

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