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«L’Ukraine ne peut pas avoir une paix sans garanties de sécurité»


«Nous sommes toujours là, après des années de guerre», rappellent Nicolas Zharov et Inna Yaremenko. (Photos : didier sylvestre)

À l’occasion des 35 ans de l’indépendance de l’Ukraine, célébrés le 24 août, le président de l'ASBL LUkraine, Nicolas Zharov, et sa vice-présidente, Inna Yaremenko, reviennent sur la situation dans leur pays, le soutien du Luxembourg, la perception de la guerre en Europe et la situation des réfugiés ukrainiens.

 

Quel état d’esprit règne en Ukraine à l’approche des 35 ans de rétablissement de l'indépendance, alors que le pays est toujours en guerre?

Nicolas Zharov : Aujourd’hui, les Ukrainiens vivent avec la guerre au quotidien. Il y a encore des attaques de missiles russes sur des villes ukrainiennes, avec des moyens de défense aérienne qui restent insuffisants. Cela crée une situation très lourde. D’un côté, une certaine forme de normalité s’est installée. De l’autre, il est extrêmement difficile de continuer à vivre dans ces conditions.

Cet anniversaire arrive donc avec une forte charge émotionnelle. Mais il y a aussi une conviction : nous sommes toujours là. Au début de la guerre, certains services de renseignement européens estimaient que l’Ukraine ne tiendrait que quelques jours. Nous sommes toujours là, après des années de guerre. Cette résilience est devenue une force.

Inna Yaremenko : Pour les Ukrainiens, célébrer l’indépendance est forcément ambivalent. Nous nous rassemblons en communauté, mais nous savons aussi que le pays paie un prix très élevé pour cette indépendance. C’est donc aussi un moment de mémoire et de solidarité.

Que représente aujourd’hui l’indépendance pour les Ukrainiens?

N. Z. : C’est d’abord la résilience, mais aussi la défense de valeurs : la démocratie, la liberté et la possibilité de choisir son propre avenir. L’Ukraine a traversé une histoire très difficile, avec de grandes tragédies sous l’occupation soviétique. Nous ne pouvons pas oublier pourquoi des gens sont morts. L’Ukraine se bat pour elle-même, mais aussi pour des valeurs européennes.

I. Y. : C’est la liberté et la possibilité de choisir notre avenir, mais aussi celui de nos enfants. Il y a également une dimension de mémoire, celle de tous ceux qui ont donné leur vie pour que l’Ukraine puisse être ...


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