Accueil | A la Une | Nouveau feu vert (sous conditions) pour l’A31 bis

Nouveau feu vert (sous conditions) pour l’A31 bis


L'État espère un début du chantier autour de 2031 pour une mise en service en 2035. (Photo : Julien Garroy)

La commission d’enquête publique a rendu un avis favorable avec réserves à l’A31 bis, grand projet de contournement autoroutier de Thionville visant à faciliter la circulation transfrontalière avec le Luxembourg.

Cet avis favorable, daté du 10 août, est un préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP), indispensable pour lancer le chantier. Les réserves émises par la commission doivent être levées en amont pour que l’avis soit réellement favorable, même si l’État français, qui a le soutien de nombreux élus locaux dans ce dossier, peut passer outre.Ce projet, serpent de mer imaginé il y a près de 30 ans, vise à remédier à la saturation de l’A31, empruntée par les nombreux transfrontaliers installés en France et travaillant au Luxembourg.

Plus de 60 000 véhicules roulent chaque jour sur la partie la plus saturée, entre Thionville et le Grand-Duché, occasionnant des kilomètres de bouchons. Et la circulation devrait augmenter encore dans les prochaines années – d’environ 30 % d’ici 2050.

Le chantier, évalué à plus d’un milliard d’euros, consiste notamment à créer une nouvelle portion en 2×2 voies, dont une partie sous terre, pour contourner Thionville.

Il suscite aussi des oppositions, notamment autour de son impact sur les émissions de gaz à effet de serre, et de son coût, qui sera supporté par un groupe privé via une concession et répercuté sur les usagers via des péages.

Nouvelle saturation d’ici 2050

Les commissaires enquêteurs ont jugé que l’A31 bis apporterait une «amélioration significative de la fiabilité» des trajets en diminuant les temps de parcours pour les automobilistes de 35 %.

Mais ils regrettent que le projet ne permette guère d’augmenter la part modale des transports collectifs, et préviennent du risque d’une «nouvelle saturation» de l’autoroute d’ici à 2050.

Leurs réserves portent sur le respect des engagements pris par les autorités, la mesure de la pollution de l’air à la sortie du tunnel et une clarification sur un échangeur prévu dans le projet.

Ils pointent également le risque d’engorgement des petites routes aux abords du grand axe, à cause des automobilistes tentant d’éviter les péages.

L’option de créer une ligne de train supplémentaire, défendue par certains opposants comme alternative à la route, serait trop coûteuse et complexe pour être retenue, jugent les enquêteurs, qui recommandent néanmoins de lancer des études en vue d’aménagements du réseau ferré pour 2040/2050.

L’État français espère un début du chantier autour de 2031 pour une mise en service en 2035.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.