Un parfum de feu, un ciel voilé et une inquiétude bien réelle : en Moselle-Est, mais aussi au Luxembourg, ce week-end a été marqué par les fumées venues de Belgique.
L’association agréée de surveillance de la qualité de l’air ATMO Grand Est a déclenché cette procédure en fin de matinée après l’apparition d’«un pic de pollution de type combustion», avec comme polluants concernés «les particules et oxydes d’azote», a détaillé la préfecture dans un communiqué.
Cette procédure implique la mise en place d’une série de mesures de précaution, telles que l’interdiction du brûlage à l’air libre de déchets verts ou de résidus agricoles et des feux d’artifice. Les travaux générateurs de poussière (chantier de démolition, etc.) ne peuvent être réalisés que si un arrosage permettant l’abattage des poussières est mis simultanément en œuvre.
Samedi soir, la préfecture avait déjà indiqué que les fumées et odeurs apparues dans le département à cause des feux en Belgique ne présentaient pas de danger pour le territoire mosellan, et demandé à la population de «ne pas encombrer inutilement les lignes de secours».
À Forbach, Sarreguemines, Creutzwald mais aussi dans le secteur du pays de Bitche, les témoignages se sont multipliés au fil de la journée. Le phénomène était également perceptible de l’autre côté de la frontière, en Sarre, selon nos confrères du Républicain lorrain, mais aussi au Luxembourg.
Une notification a notamment été envoyée via le système LU-Alert, signalant la présence d’odeurs de fumée et de brûlé sur le territoire national. Plusieurs comptes de météorologues du pays, dont celui de Météo Boulaide, mettaient en garde dimanche contre les effets néfastes sur la santé, précisant que «la fumée ne connaît pas de frontières».
Plusieurs communes du Grand-Duché, dont celles de Mertet-Wasserbillig et Clervaux, ont également diffusé des messages préventifs. Le CIS de Rosport en a fait de même.
Sans gravité locale
Et l’épisode a eu des conséquences très concrètes sur les activités du dimanche. À Freyming-Merlebach, côté mosellan, le complexe nautique Aquagliss a dû fermer ses installations en raison des fumées. Une décision particulièrement visible en plein mois d’août, alors que les bassins extérieurs constituent l’un des lieux de fraîcheur privilégiés du secteur.
La Meurthe-et-Moselle voisine a également été atteinte par des fumées et odeurs caractéristiques d’un incendie, liées au brasier en Belgique et à celui, plus modeste, de Monthermé dans les Ardennes françaises.
«En raison de ce phénomène exceptionnel mais sans gravité locale», les sapeurs-pompiers ont été très fortement sollicités, a déclaré la préfecture de Meurthe-et-Moselle dans un communiqué dimanche.
Le centre de traitement de l’alerte du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 54) a ainsi reçu plus de 200 appels en l’espace de quelques heures à ce sujet, a-t-elle ajouté.
Cet incendie en Belgique, le pire qu’a connu le pays depuis plus d’un siècle, a déjà ravagé près de 3 000 hectares dans une vaste réserve boisée proche de l’Allemagne et distante d’environ 140 km de la frontière avec la Moselle et la Meurthe-et-Moselle, à vol d’oiseau.
En réponse à une demande des autorités belges, le CGDIS a dépêché samedi trois fourgons incendie tout-terrain (envoyés par les CIS de Frisange, Kehlen et Larochette) ainsi que onze pompiers en renfort dans la région des Fagnes, en Belgique.
Ils avaient pour mission d’aider les pompiers locaux à combattre ce feu de végétation d’envergure actif depuis vendredi après-midi. Selon les autorités, «plusieurs foyers» restaient «actifs» dimanche, avec un vent qui change régulièrement de direction.