Alors que l’occupation des compartiments de première classe peine à dépasser les 15 % sur certaines lignes majeures, la vente de billets individuels y a paradoxalement bondi de près de 50 % depuis la gratuité des transports en 2020.
La première classe des trains CFL doit-elle disparaître ? Alors que les trains sont souvent saturés aux heures de pointe et sur les lignes les plus fréquentées, les compartiments de première classe restent, eux, peu occupés. Interpellée par David Wagner, député déi Lénk, la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes, a donné sa réponse à cette question souvent remise sur la table par l’opposition.
Pour elle, «aucun changement n’est prévu» à ce stade, précisant que «dans l’hypothèse d’un reclassement intégral des places de 1ʳᵉ classe en places de 2ᵉ classe, à capacité équivalente, la flotte actuelle offrirait un potentiel supplémentaire de 4 105 places en 2ᵉ classe». Il faudra donc attendre la fin de l’année et la mise en circulation de la flotte totale d’automotrices Coradia pour qu’il y ait davantage de places assises. «La flotte passera de 27 402 à 32 476 places assises en 2ᵉ classe et de 4 105 à 4 853 places assises en 1ʳᵉ classe. Le nombre total de places assises augmentera ainsi de 31 507 à 37 329, soit une hausse de 18,5 %», indique la ministre.
Pour rappel, la part moyenne réservée à la 1ʳᵉ classe, pondérée par le nombre de rames, sur l’ensemble de la flotte actuellement en circulation est de 13 %.
La gratuité a fait progresser les ventes de billets 1ʳᵉ classe
Interrogée sur l’évolution des ventes des billets 1ʳᵉ classe, Yuriko Backes confirme une «progression significative» des ventes de cette catégorie depuis l’introduction de la gratuité en 2020. Le nombre de billets vendus est passé de 25 538 en 2020 à 38 252 en 2025, soit une hausse de 49,8 %, tandis que les abonnements mensuels ont progressé de 2 032 à 2 288 sur la même période. Les abonnements annuels ont, quant à eux, connu une légère baisse, avec 328 abonnements en 2020 contre 263 en 2025.
«Il convient toutefois de noter que les années 2020 et 2021 ont été impactées par la crise sanitaire. Une comparaison directe avec ces années de référence doit être
interprétée avec prudence, les niveaux de fréquentation et de mobilité n’étant pas pleinement représentatifs d’une situation normale. Par ailleurs, la généralisation du télétravail à la suite de la crise sanitaire a contribué à modifier les habitudes de déplacement de certains voyageurs, favorisant davantage l’achat de billets à l’unité au détriment des abonnements, en particulier des abonnements annuels», détaille la ministre de la Mobilité.
Un faible taux d’occupation
Sur les lignes ferroviaires les plus fréquentées du pays, le taux d’occupation des places en 1ʳᵉ classe reste très faible. Par exemple, sur la ligne Esch-Rodange, le taux d’occupation est de 15,6 %. Sur la ligne Luxembourg – Bascharage-Sanem – Rodange – Athus/Longwy, il est de 10,6 %. À contrario, sur ces mêmes lignes, la deuxième classe est souvent bondée (74 % entre Esch et Rodange, 53 % entre Bascharage et Longwy et 96 % entre Thionville et Metz).
Yuriko Backes précise qu’un processus de déclassement existe en cas de suroccupation de la 2e classe, à la discrétion de l’accompagnateur de train. Les usagers de trains peuvent occuper les places de 1ʳᵉ classe sans titre de transport correspondant. «Les voyageurs disposant d’un titre de transport 1ʳᵉ classe peuvent, quant à eux, introduire une demande de remboursement conformément aux modalités en vigueur», indique la ministre.
En 2025, les ventes de billets de 1ʳᵉ classe ont généré 485 276 euros de recettes. Les chiffres sont plutôt stables depuis 2020.