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Sécurité routière : il n’y aura pas de «feux récompenses» au Luxembourg


Au Luxembourg, les feux tricolores sont avant tout utilisés pour améliorer la sécurité routière de tous les usagers. (Photo archives editpress/julien garroy)

Utilisés pour obliger les automobilistes à ralentir dans certaines zones, les «feux récompenses» sont présents dans de nombreux pays européens. Mais le Luxembourg ne compte pas en installer.

Plusieurs pays européens, dont la France, la Belgique et l’Allemagne, régulent la vitesse en ville avec des feux de circulation dits «intelligents». Souvent installés près des écoles, ces systèmes peuvent déclencher un feu rouge lorsqu’un véhicule approche à une vitesse excessive et ont pour objectif d’inciter les automobilistes à respecter les limitations.

Le Luxembourg ne dispose actuellement pas de tels feux sur son territoire, préférant les contrôles de vitesse par des radars fixes ou mobiles. Une situation qui a amené le député Jeff Boonen (CSV) à se demander si le gouvernement avait envisagé de mettre en place ce genre d’équipements et si des évaluations étaient disponibles à l’étranger sur leur efficacité.

Dans sa réponse, la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes, reconnaît que ces installations, souvent appelées «feux récompenses», se sont multipliées ces dernières années. «Toutefois, le centre français d’expertise Cerema déconseille lui-même ce type de mesure», note la ministre. En effet, si une réduction ponctuelle de la vitesse est constatée à proximité, plusieurs effets indésirables sont à déplorer :

  • des freinages brusques augmentant le risque de collisions par l’arrière,
  • des accélérations avant et après le feu,
  • un franchissement plus fréquent du feu rouge,
  • un effet d’habituation chez les conducteurs locaux, réduisant progressivement l’efficacité du dispositif.

«Un faux sentiment de sécurité»

Au Luxembourg, les feux tricolores sont avant tout utilisés pour améliorer la sécurité routière de tous les usagers, en évitant les conflits de circulation, mais aussi pour assurer un trafic fluide et le gérer en accordant si besoin une priorité à certains types d’usagers. «Les feux rouges ne sont expressément pas destinés à des fins éducatives ou dissuasives, comme le contrôle de la vitesse ou la récompense d’un comportement de conduite conforme, rappelle Yuriko Backes. Une utilisation en dehors de leur fonction première pourrait même remettre en question le respect des feux rouges existants.»

Pour la ministre, un feu, s’il peut contribuer à sécuriser une traversée, n’est donc pas une mesure d’apaisement du trafic. Selon elle, il existe également un risque que le signal d’arrêt soit moins respecté si les automobilistes considèrent que le feu passe au rouge uniquement en raison de leur vitesse et non pour éviter un conflit avec d’autres usagers. «Cela pourrait conduire les piétons à éprouver un faux sentiment de sécurité.»

Pour obtenir une réduction durable de la vitesse et améliorer la sécurité routière, le ministère continue donc de privilégier des aménagements tels que les chicanes, les plateaux surélevés ou les ralentisseurs. Ces derniers permettent aux conducteurs d’identifier clairement un environnement de circulation apaisé et d’adapter leur comportement en conséquence. «Selon les évaluations techniques actuelles, ces mesures constituent les instruments les plus efficaces pour réduire durablement la vitesse et renforcer la sécurité de l’ensemble des usagers de la route», assure Yuriko Backes.

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