Alors que les tensions persistent dans le détroit d’Ormuz, Washington évoque un accord imminent pour rouvrir la voie maritime, tandis que Téhéran dément toute négociation directe.
Les États-Unis annoncent ce mardi espérer la conclusion rapide d’un accord pour rouvrir le détroit d’Ormuz, au cœur de la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran ces dernières semaines. Le Qatar, pays médiateur aux côtés du Pakistan et d’Oman, a fait état d’efforts «en cours» pour trouver une «solution à court terme qui permettrait de relancer le dialogue», selon le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.
Le protocole d’accord signé en juin avait donné le coup d’envoi à un processus de 60 jours pour mettre définitivement fin à la guerre au Moyen-Orient et régler un ensemble de points, dont le sujet central du nucléaire iranien. Comme avancée majeure se trouvait notamment la reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures verrouillé par l’Iran depuis fin février dernier. L’éclaircie avait néanmoins été de courte durée. Les hostilités avaient recommencé au début du mois de juillet, l’Iran ayant resserré la vis après la reprise des frappes américaines en frappant les navires qui s’aventurent dans le détroit sans son autorisation.
«Nous ne négocions pas avec les États-Unis»
Pas plus tard que dans la nuit de lundi à mardi, un cargo qui tentait de franchir Ormuz a été frappé par un projectile, déclenchant un incendie provoquant la disparition d’un membre de l’équipage selon la société de sécurité britannique Vanguard Tech. Les discussions continuent malgré tout entre l’Iran et le sultanat d’Oman, autre pays riverain du détroit. Scott Bessent, ministre des Finances américain, a même évoqué un accord imminent d’ici mercredi : «Nous sommes en discussion avec les Iraniens, et je pense qu’il y a une chance que nous parvenions aujourd’hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation».
Des propos salués sur les marchés par une baisse des cours du pétrole à l’image du prix du baril de Brent, référence internationale du brut, qui diminuait de 2,29 % vers midi ce mardi en atteignant les 81,85 dollars, après avoir flambé à plus de 120 dollars au plus fort de la guerre.
De son côté, Téhéran a démenti lundi toute discussion. «Nous ne négocions pas avec les États-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d’Ormuz», avait souligné le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï. La république islamique ne veut pas d’un retour à la situation d’avant-guerre et n’autorise pour l’heure qu’un seul itinéraire le long de ses côtes. Elle envisage des frais de service, rejetés par les Américains notamment, et à l’encontre du droit international de la mer.
L’ultimatum de Trump
Donald Trump a averti que le blocus américain des ports iraniens ne serait levé qu’en cas d’«accord» ou de «capitulation totale». Lundi, le locataire de la Maison Blanche avait estimé qu’il s’agissait de «la dernière chance» pour les Iraniens «de signer un bon document». Il y a quelques jours, il avait menacé il y a quelques jours de «frapper fort» l’Iran avant de finalement annoncer suspendre ses plans dans une de ses volte-face dont il est coutumier.
En annonçant la reprise du dialogue, il avait assuré répondre «à la demande» de Téhéran, avec le «soutien» de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis ainsi que du Qatar. L’Iran a nié ce «nouveau mensonge» du président américain, qui a répondu en fustigeant la «duplicité incroyable» des dirigeants iraniens. «Ils demandent une rencontre (…), les discussions commencent, d’autres sont prévues dans un futur immédiat, et ils disent, publiquement et fièrement, qu’ils n’ont aucune discussion», a réagi Donald Trump.
Ce mardi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio appuie la version de son président en faisant état de son côté de «progrès» dans les négociations, disant aussi espérer qu’elles aboutissent «très prochainement». «Il y a actuellement du pétrole qui transite par le détroit, le détroit est donc ouvert», a-t-il aussi soutenu. Scott Bessent, lui, s’est montré optimiste quant aux effets qu’aurait un accord sur les prix de l’énergie : «Je m’attends donc à ce que les prix de l’énergie reviennent à la normale, ce qui, comme je l’ai déjà dit, sera bénéfique pour le monde entier».