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L’Iran, le seul gagnant?

Selon nos confrères américains de CNN, Donald Trump a déjà annoncé à une quarantaine de reprises avoir trouvé un accord avec l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Un mémorandum d’entente a bien été signé en grande pompe à la mi-juin. Il est toutefois rapidement apparu que la République islamique, cible depuis fin février des attaques israélo-américaines, sortait gagnante des tractations. Les États-Unis se sont engagés à lever progressivement les sanctions financières frappant l’Iran et à mettre sur pied un plan de reconstruction adossé à un fonds d’au moins 300 milliards de dollars. En contrepartie, Téhéran devait rouvrir le détroit d’Ormuz – un prix élevé à payer si l’on considère que ce passage maritime stratégique était librement accessible avant le lancement des bombardements. L’épineuse question du programme nucléaire iranien devait, elle, être réglée en moins de deux mois. Un calendrier illusoire. Les tractations n’ont d’ailleurs jamais réellement commencé.

Depuis près de deux semaines, le très fragile cessez-le-feu a volé en éclats. Retour à l’impasse : les États-Unis frappent des cibles iraniennes, Téhéran réplique en visant des pays du Golfe… alors que Donald Trump répète depuis des mois que l’Iran ne dispose plus de capacités balistiques opérationnelles.

Aujourd’hui, la guerre au Moyen-Orient se trouve à un nouveau tournant majeur. Il faut désormais craindre une perturbation durable des exportations d’hydrocarbures. Alors que le détroit stratégique d’Ormuz reste verrouillé par l’Iran, les Houthis au Yémen, rebelles soutenus par le régime iranien, ont annoncé un blocus des navires transportant du pétrole saoudien. Le risque de voir la mer Rouge, autre axe maritime stratégique, à son tour paralysée se profile également.

Face à cette sombre perspective pour l’économie mondiale, le baril de brent a dépassé les 100 dollars jeudi, bien loin de l’accalmie qui avait suivi la signature du protocole d’accord. Donald Trump a beau menacer l’Iran et les Houthis, le président américain ne dispose, en réalité, d’aucun plan pour sortir d’un bourbier dans lequel il ne cesse de s’enfoncer. Le conflit ne fait que des perdants, à l’exception, peut-être, du régime de Téhéran. Une ironie tragique.

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