La retraite, l’État y pense pour des raisons budgétaires. Les jeunes actifs rarement. Ceux qui s’en approchent l’espèrent autant qu’ils la redoutent. Dans cette série, des pensionnés du pays racontent leur retraite, pour dépasser les clichés.
Aujourd’hui, direction de l'autre côté de la frontière, à Villerupt. Françoise Pilarczyk (72 ans) a, elle aussi, fait pendant de nombreuses années ce trajet entre la France et le Luxembourg pour travailler. Cette petite femme énergique, réfléchie et très souriante, nous reçoit dans la cuisine de sa maison de plain-pied, construite récemment pour ses vieux jours. Mariée, mère de deux enfants, et grand-mère de trois petits-enfants, elle pose sur sa retraite un regard lucide, sans détour mais sans amertume.
Vous avez eu une carrière à la fois en France et au Luxembourg. Quel a été votre parcours?
Françoise Pilarczyk : J’ai commencé dans une auto-école en France. D’abord au secrétariat, puis j’ai donné les cours de code avant de passer le diplôme de monitrice. J’ai fait ça pendant treize ans. Quand ma deuxième fille est née, je me suis arrêtée une dizaine d’années pour m’occuper de mes enfants. Ensuite, je suis partie travailler au Luxembourg. J’ai d’abord été vendeuse dans un magasin, puis, après un licenciement, j’ai suivi une formation en informatique et je suis entrée au service comptable d’une ...
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