L’ancien maire de Manchester et nouveau chef du Labour, Andy Burnham, a officiellement pris ses fonctions ce lundi à la mi-journée après la démission de Keir Starmer et promet de réformer le pays sur dix ans.
Andy Burnham, nouveau chef du parti travailliste, a été nommé ce lundi Premier ministre du Royaume-Uni par le roi Charles III qui lui a demandé de former un gouvernement, annonce le palais de Buckingham dans un bref communiqué. Accompagné de son épouse Marie-France van Heel, l’ex-maire de l’agglomération de Manchester de 56 ans a été reçu à la mi-journée par le souverain, avant de se rendre au 10 Downing Street.
Cet habile communicant aura la lourde tâche de relancer le Labour, son parti, face aux difficultés traversées ces derniers mois et qui ont conduit à la démission le 22 juin de son prédécesseur Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une victoire écrasante aux législatives mettant fin à 14 ans de gouvernement conservateur. Pour ce faire, le quatrième Premier ministre de Charles III depuis son accession au trône en septembre 2022, promet un «plan sur dix ans» pour changer «profondément» le Royaume-Uni avec une action immédiate sur le coût de la vie.
«Redonner de l’espoir»
Lors de sa première allocution comme Premier ministre devant le 10 Downing Street, Andy Burnham a affirmé vouloir engager «les changements les plus profonds de ces quarante dernières années» au Royaume-Uni, et faire en sorte de «redonner de l’espoir» aux gens. «Le Royaume-Uni doit montrer au monde qu’il est capable de retrouver sa stabilité», a-t-il insisté, s’exprimant sans notes et sans pupitre, ajoutant vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une «nouvelle économie» dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l’État.
Mettant l’accent sur les enjeux sociaux, il a promis d’agir «maintenant pour offrir aux gens un peu de répit et les aider à faire face au coût de la vie», sans pour autant dévoiler de mesures précises. Lors de ce discours en présence de son épouse, de ses enfants et de sa mère, il a aussi érigé en priorité de «mettre fin au sans-abrisme». Dans la matinée, il avait d’ailleurs réservé son premier déplacement à un refuge pour personnes sans domicile fixe.
Réputé un peu plus à gauche que son prédécesseur, il a aussi annoncé son intention d’accroître la décentralisation du pouvoir et de créer un «n° 10 du Nord» basé à Manchester, où il est devenu l’une des personnalités politiques les plus populaires du pays depuis son élection en 2017. Les travaillistes comptent également sur lui afin de stopper l’ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029. Malgré son discours inaugural, les détracteurs d’Andy Burnham déplorent son programme trop vague et l’accusent d’être un caméléon politique s’adaptant à l’air du temps.
Une politique étrangère plus dure ?
Depuis sa prise de fonction, Andy Burnham a reçu les félicitations de plusieurs dirigeants étrangers, notamment Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friederich Merz et le Premier ministre australien Anthony Albanese. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, s’est réjoui de la perspective d’approfondir la «coopération» entre Londres et Bruxelles.
Andy Burnham, qui avait fait campagne contre le Brexit en 2016, a déjà dit à plusieurs reprises qu’il souhaitait œuvrer à un plus grand rapprochement avec l’Union européenne. Début juin, il avait dit «espérer» que le Royaume-Uni retourne dans l’UE «de (son) vivant».
Le nouveau Premier ministre britannique a également annoncé lundi qu’il appellerait le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour l’assurer que le Royaume-Uni continuerait de soutenir l’Ukraine «à 100 %». «Je ferai savoir très clairement, dans le courant de la journée, au président Zelensky qu’il n’y a aucun changement» à l’égard de l’Ukraine, en guerre contre la Russie, a déclaré le travailliste. «Je serai à ses côtés à 100 %, tout comme l’a été Keir Starmer», a indiqué Andy Burnham, qui a aussi fait part de son intention d’appeler le président américain Donald Trump.
Le travailliste n’a pas caché le mal qu’il pense de la situation politique aux États-Unis sous l’administration Trump, la qualifiant de «sombre» et «divisée». Cela ne l’empêche pas de considérer la relation avec les États-Unis comme «essentielle», notamment en matière de défense et de sécurité. Face à la situation à Gaza et en Cisjordanie occupée, Andy Burnham estime également qu’il faut «faire davantage pour exercer une pression sur le gouvernement israélien», grand allié des États-Unis.