Les Vosges, d’abord, puis les Alpes, surtout, vont dessiner la hiérarchie entre les cadors du reste du monde, distancés par le Slovène mais à la lutte pour le podium.
TADEJ POGACAR, INTOUCHABLE
Rien ne semble vraiment l’atteindre, ni les premières pentes de ce Tour, ni les quelques huées du public, ni les frayeurs inhérentes au peloton et son lot de vagues et de bidons se faufilant sous les roues.
Avec déjà trois victoires au compteur, le leader de l’équipe UAE fonce avec une sérénité déconcertante vers un cinquième triomphe en jaune. Son équipe contrôle, lui finit, et tout se passe comme prévu, avant des rendez-vous qu’il a cochés depuis longtemps dans son agenda : la montée de Solaison dimanche, et la double ascension de l’Alpe d’Huez en fin de semaine prochaine.
VINGEGAARD, EN DANGER?
Le gouffre qui sépare Jonas Vingegaard de son rival slovène (3’36) avant même les premières batailles en très haute montagne ne peut lui laisser qu’un seul objectif viable : confirmer son rang de deuxième homme. Après un Giro remporté et réussi face à une opposition modeste en mai, le Danois n’a pas été en mesure d’accrocher la roue de Pogacar lors de ses premières grandes offensives dans le Tourmalet et les monts du Cantal.
Souvent très à l’aise en haute altitude, le patron des Visma-Lease a Bike aura-t-il récupéré de ses efforts printaniers? Il paraît avoir un temps d’avance sur la concurrence mais semble ne pouvoir compter que sur la révélation italienne Davide Piganzoli pour l’aider. D’autant que la meute des ambitieux guettera le moindre signe de faiblesse pour lui chiper son costume de dauphin.
BORA, UN DUO ET DES DOUTES
Avec Florian Lipowitz, troisième l’an dernier, et Remco Evenepoel, sur la même marche en 2024, la formation Red Bull-Bora est armée pour remonter sur le podium à Paris fin juillet. Arrivé lors de l’intersaison, le champion olympique belge est, avant la montagne, le mieux placé (3e à 4’06). Mais le roi du chrono a montré un peu de fébrilité, tantôt à la peine dans les ascensions les plus pentues, tantôt courroucé par l’attitude des autres cadors et de son équipier Lipowitz.
L’Allemand (7e, à 4’44) devrait offrir plus de garanties dans les Alpes grâce à ses grosses qualités de grimpeur. La gestion du placide allemand et du volcanique Evenepoel sera l’enjeu majeur pour leurs directeurs sportifs.
AYUSO-SKJELMOSE, L’AUTRE DOUBLETTE
La hiérarchie paraît plus claire chez Lidl-Trek, qui compte également deux leaders dans le top 10 avec Juan Ayuso (5e à 4’22) et Mattias Skjelmose (9e à 5’45). «On espère qu’ils pourront rester avec les meilleurs ensemble, et que quand Juan aura besoin d’aide, « Skelly » sera là pour lui», a expliqué le directeur sportif Steven de Jongh.
PIDCOCK, SURPRENANT
Le Britannique avait pourtant fait une croix sur ses ambitions au général depuis un moment. Mais un début de Tour sérieux et une échappée-fleuve sur la route de Belfort vendredi lui ont offert une remontée remarquable. Le vététiste caractériel s’est glissé parmi les gros, et revient à la quatrième place (à 4’15), avant le plat de résistance.
SEIXAS DANS LES TEMPS
Pour la pépite française Paul Seixas, être sixième du général après 13 étapes est déjà un accomplissement. Le jeune leader des Decathlon CMA-CGM n’a jamais perdu de terrain sur ses rivaux et découvre chaque jour les exigences d’un grand Tour de trois semaines.
DEL TORO EN EMBUSCADE
Le Mexicain de 22 ans, en remportant la deuxième étape à Montjuic et en servant de rampe de lancement de luxe à son leader Tadej Pogacar, s’est installé comme un candidat naturel au podium.