Des frappes ont eu lieu près de la centrale nucléaire ukrainienne. Kiev et Moscou se renvoient la responsabilité de l’attaque.
Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a condamné jeudi la mort d’un ingénieur de la centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine, dans une frappe que la Russie a imputée à Kiev, qui a de son côté démenti y avoir été impliquée.
Rafael Grossi «condamne l’incident signalé, qu’il qualifie d’attaque inacceptable contre la centrale et sa direction, menaçant gravement la sûreté nucléaire», a écrit le gardien de la sûreté nucléaire sur X dans la nuit de mercredi à jeudi.
«L’AIEA appelle à la cessation immédiate de toutes les attaques visant ou se déroulant à proximité des sites nucléaires et de leur personnel», a ajouté Rafael Grossi.
Moscou a accusé mercredi les forces ukrainiennes d’avoir tué à l’aide d’un drone Alexandre Iakovlev, l’ingénieur en chef de la centrale de Zaporijjia, située dans le sud de l’Ukraine et contrôlée par l’armée russe. La frappe contre une voiture près de ce site a également provoqué la mort du chauffeur de ce véhicule, selon la Russie. Mais, jeudi après-midi, Kiev a apporté un vigoureux démenti à ces allégations.
Dans un communiqué, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a ainsi rejeté «les accusations sans fondement de la Fédération de Russie», ajoutant qu’«aucune confirmation indépendante» ni «preuve de l’implication de l’Ukraine» n’avaient été «présentées» par les autorités russes.
«La cause fondamentale de toutes ces menaces autour de la centrale reste sa saisie illégale, sa militarisation et son utilisation par la Fédération de Russie dans des buts militaires», a poursuivi le ministère.
Conquise par l’armée russe en mars 2022, au début de l’attaque de vaste ampleur contre l’Ukraine, la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, est depuis régulièrement au cœur d’inquiétudes quant à sa sécurité.
Les deux camps s’accusent de manière récurrente de procéder à des frappes sur ce site, situé à Energodar, au bord du Dniepr, le fleuve qui marque la ligne de front dans ce secteur.