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CGDIS : Toujours plus d’interventions et d’appels au 112


Alain Becker, président du conseil d'administration, et Paul Schroeder, directeur général, ont fait le bilan d'une année 2025 intense pour le CGDIS. (Photo : didier sylvestre)

Marqué par une hausse de son activité opérationnelle en 2025, le CGDIS a présenté son bilan annuel tout en faisant le point sur l’évolution de ses effectifs avec, en toile de fond, la lutte contre la chaleur et les incendies.

Initialement prévue le 25 juin dernier mais annulée à cause d’une entière mobilisation du personnel face à l’alerte rouge canicule dans tout le Grand-Duché, la présentation du rapport annuel 2025 du CGDIS a finalement eu lieu ce jeudi au Centre national d’incendie et de secours de Gasperich. Bien que la chaleur soit encore présente, autour des 30 degrés, la vigilance jaune pour fortes chaleurs du début de semaine a été levée et offre un peu de répit aux équipes du CGDIS qui restent, malgré tout, très prudentes face à la sécheresse et au fort risque de départs de feux (lire ci-contre).

Concernant la rétrospective de son année 2025, le corps d’incendie et de secours dresse le bilan d’une activité opérationnelle en hausse par rapport à 2024. Cela se traduit par une augmentation de 5 % du nombre d’interventions, pour un total de 75 814, soit plus de 200 par jour. Cette tendance découle principalement des 3 656 missions de secours à personnes en plus sur une année, qui représentent à elles seules 95 % des interventions supplémentaires. «C’est dû à l’évolution démographique, entre les résidents et les travailleurs en plus, mais cela s’explique aussi par le vieillissement de la population qui implique plus de soins médicaux» analyse Paul Schroeder, directeur général du CGDIS.

Hausse des interventions en 2025

Bien que ce soit proportionnellement moins important que les secours à personnes, une autre catégorie d’interventions a considérablement augmenté : celle des accidents de la voie publique. En passant de 1 545 à 2 056 cas (+33 %), c’est devenu la troisième mission la plus fréquente du CGDIS, dépassant ainsi les 1 377 interventions des groupes techniques (lire ci-contre). Cette hausse inquiétante, «nous ne pouvons pas particulièrement l’expliquer à ce jour, même si le trafic a bel et bien augmenté, mais il faudrait pouvoir constater une évolution sur les années à venir». Malgré ce pic, Paul Schroeder se veut rassurant : «Nous constatons que les accidents graves, avec désincarcération du véhicule, sont en baisse étant donné que les voitures sont devenues plus sûres.»

Les incendies occupent, eux, la deuxième place du classement avec 2 665 interventions, soit une centaine de moins qu’en 2024. Sur ce total annuel, moins de la moitié des cas (1 054) concernaient un feu réel, dont la majorité avait touché des objets (386), des véhicules (125) puis de la végétation (83). Le premier temps fort de 2025 est d’ailleurs la lutte de 135 pompiers contre le feu survenu le 10 février dans le hall, plein de bottes de paille, d’une ferme à Manternach. Un incendie aux circonstances similaires à celui d’une grange à Colpach le 31 juillet dernier et qui avait également nécessité une forte mobilisation.

Au total, le centre de gestion des opérations (CGO), chargé des lourdes interventions, a été activé 12 fois au cours de l’année pour cinq feux d’envergure, trois manifestations, trois interventions diverses et une intempérie.

(Angle) Quelques chiffres de 2025

  • 34 ans, l’âge moyen des pompiers volontaires.
  • 113 arrêts de travail après une opération.
  • 200,4 millions d’euros dépensés.
  • 30 pompiers professionnels assermentés.
  • 447 formations grand public.

Baisse du volontariat et de la féminisation

Les opérateurs du Central des secours d’urgence (CSU) au 112, premiers contacts entre la population et le CGDIS, ont une nouvelle fois été pleinement sollicités en traitant 258 036 appels, un chiffre en hausse de 5,6 % sur un an. À noter que les appels abusifs restent présents mais ont légèrement diminué, passant de 2 386 à 2 078.

Que ce soit derrière le téléphone ou sur le terrain, le personnel a donc vu sa charge de travail augmenter, ce qui n’est pas le cas de tous les effectifs. Tandis que 16 pompiers professionnels et 11 recrues pour les services administratif et technique ont gonflé les rangs, 80 pompiers volontaires manquent à l’appel par rapport à 2024 (6 890 contre 6 970). Une baisse loin d’être inquiétante face à la totalité des volontaires mais qui illustre les difficultés rencontrées depuis quelques années pour obtenir un engagement constant dans les centres de secours.  La faute à une évolution de la société et de la gestion du temps libre selon l’analyse du CGDIS.

La féminisation du personnel, autre enjeu des secours, patine. Après une hausse continue au fil des années, le nombre de femmes a légèrement baissé pour la première fois : elles étaient 1 392 en 2022, 1 553 en 2023, 1 679  en 2024 et 1 658 en 2025. La baisse se fait notamment sur le nombre de pompiers volontaires, où elles représentent d’ailleurs 16 % de l’effectif contre 35 % de celui du personnel administratif et technique.

Carte de la répartition des interventions par zone géographique en 2025. (Illustration : CGDIS)

(Pied 2col) Éviter à tout prix les incendies

En parallèle de la présentation du rapport 2025, le directeur général du CGDIS, Paul Schroeder, fait savoir que le danger du moment concerne le risque d’incendie accentué par l’épisode de sécheresse actuelle. «Nous sommes aujourd’hui très vigilants sur les risques de feux de végétation qui sont actuellement en augmentation, même si ce n’est pas comparable avec les feux qui touchent le sud de la France» relativise-t-il. Pour éviter un incendie ravageur, des opérateurs téléphoniques du 112 «suivent de près les appels afin de pouvoir réagir au plus vite». Forcément, Paul Schroeder surveille avec espoir les prévisions météorologiques des prochains jours, car «un peu de pluie ferait du bien à tout le monde».

S’adapter au changement climatique

Pour l’avenir, qui promet des étés toujours plus chauds et secs, le directeur général annonce que «nous allons devoir considérer davantage l’adaptation au changement climatique, que ce soit au niveau du matériel, de l’organisation des centres de secours et de la prise en charge de notre personnel sur des interventions où le stress est très important».

Le CGDIS attend également un coup de pouce de la part de la population afin qu’elle soit sensibilisée au risque d’incendie, «chaque intervention que nous n’avons pas à faire étant une bonne intervention». Pour ce faire, des formations continueront d’être proposées au grand public pour lui enseigner les gestes à adopter en cas de départ de feu et «éviter que cela dégénère».

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