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Les bourses mondiales reculent, entre Moyen-Orient et doutes sur l’IA


(Photo : afp)

Les marchés boursiers mondiaux cèdent du terrain lundi face à la hausse des prix du pétrole en raison d’une nouvelle escalade au Moyen-Orient et d’un regain d’inquiétude concernant l’intelligence artificielle (IA), qui pèse particulièrement sur l’Asie.

En Europe, dans les premiers échanges, vers 7 h 15 GMT, Francfort perdait 0,11 %, Paris 0,10 % et Milan 0,05 %.

Seule Londres grappillait 0,27 % grâce à la hausse de ses majors pétrolières, qui bénéficient de la montée des prix du brut, à l’image de BP (+2,79 %) et Shell (+1,81 %).

L’armée américaine a encore bombardé l’Iran ce week-end, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d’une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.

Au cœur de la reprise des hostilités, le détroit d’Ormuz, où passait avant la guerre 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures et sur lequel Téhéran veut garder le contrôle instauré dans les premiers jours de la guerre.

Cette escalade provoque un regain de tension sur les prix du pétrole. Vers 6 h 45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, grimpait de 3,82 % à 78,91 dollars. Son équivalent américain, le WTI, gagnait 3,92 %, à 74,21 dollars le baril.

Cette nouvelle hausse du brut provoque à son tour «des anticipations d’inflation, qui alimentent une hausse des taux d’intérêt» des dettes des États, a expliqué Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Le rendement à échéance dix ans allemand, référence en Europe, atteignait ainsi 3,08 %, contre 3,06 % vendredi soir en clôture. Or, des taux d’intérêt plus élevés augmentent l’intérêt des obligations, perçues comme plus sûres, au détriment des actions.

Le dollar, valeur refuge et monnaie internationale sur le marché pétrolier, reste en revanche stable (+0,06 %) face à la monnaie unique européenne, à 1,1407 dollar pour un euro.

Les semi-conducteurs en souffrance, Séoul dégringole

À ce contexte tendu s’ajoute un regain des inquiétudes sur les promesses de croissance liées à l’IA, qui permet depuis mars aux marchés actions de grimper et de résister aux secousses géopolitiques.

Les investisseurs s’inquiètent de plus en plus de la rentabilité future des investissements massifs des géants de la technologie pour développer l’IA et des valorisations gigantesques du secteur des semi-conducteurs, premier bénéficiaire de ces dépenses.

L’indice coréen Kospi, baromètre de la confiance des marchés sur cette thématique, a dévissé de 8,95 %, plombé par SK Hynix (-15,37 %), dégringolant après sa montée fulgurante de vendredi, dans la foulée de son introduction à Wall Street.

Samsung Electronics, lui aussi coté à Séoul, a chuté, perdant 10,70 %. Ailleurs sur le continent, la Bourse de Tokyo a perdu 1,92 %, elle aussi plombée par un recul des semi-conducteurs, à l’image d’Advantest (-3,39 %) et Renesas (-6,15 %).

En Europe, le secteur reculait également : Infineon perdait 2,57 % à Francfort, ASML 1,53 % à Amsterdam et STMicroelectronics 0,92 % à Paris.

Résultats et indicateurs au programme de la semaine

Si la séance du jour s’annonce pauvre en rendez-vous, la semaine va être chargée, alors que la saison des résultats prend de l’ampleur.

Les semi-conducteurs seront d’ailleurs à l’honneur, avec le néerlandais ASML et le Taïwanais TSMC. Ces derniers «devraient afficher de bons résultats, soutenus par les dépenses liées à l’IA», selon Ipek Ozkardeskaya.

Mais la «vraie question sera comment le marché réagira», ajoute-t-elle.

Aux États-Unis, «la saison des résultats des grandes banques américaines s’ouvrira avec Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan et Wells Fargo», relèvent les analystes de Natixis.

Autre rendez-vous de la semaine : la publication de l’inflation aux États-Unis, première économie mondiale, pour le mois de juin, un indicateur déterminant pour la suite de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Si l’institution monétaire n’a pas relevé ses taux lors de la dernière réunion, son nouveau président, Kevin Warsh, s’est montré plus offensif que prévu face à la montée de l’inflation dans le pays en raison de la guerre au Moyen-Orient.

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