WIMBLEDON Il y a eu match, mais le patron reste bel et bien Jannik Sinner : sevré de trophées majeurs depuis un an et titillé par le récent champion de Roland-Garros Alexander Zverev, le n° 1 mondial a malgré tout triomphé dimanche à Wimbledon pour la deuxième année d’affilée.
«Jannik, je ne t’aime plus», a pour sa part plaisanté le finaliste malheureux avant de féliciter son bourreau, qui a «encore démontré pourquoi il est le meilleur joueur au monde.»
Mauvais souvenir
Manifestement libéré par son titre à Paris, Alexander Zverev avait signé dans la foulée le meilleur parcours de sa carrière à Wimbledon, où il n’avait jusqu’à présent jamais dépassé les huitièmes de finale.
Il sera récompensé en supplantant ce lundi au deuxième rang mondial l’Espagnol Carlos Alcaraz, sur la touche depuis trois mois en raison d’une blessure au poignet droit.
Si Sinner restait sur neuf victoires contre Zverev, ce dernier a encore accrédité l’hypothèse d’une finale équilibrée en arrachant la première manche, son premier set gagné contre l’Italien après quatorze manches perdues d’affilée.
Mais l’Allemand a commis deux fautes directes en coup droit au début du tie-break de la deuxième manche qui ont permis à Sinner de s’adjuger le deuxième acte.
Pas découragé pour autant, le Hambourgeois s’est procuré sa première balle de break du match à 3-3 dans le troisième set, après 2 h 42 de bagarre.
Mais au moment de s’élancer vers le filet pour tenter de renvoyer une amortie de l’Italien, le colosse allemand (1,98 m) a dérapé, chuté, et s’est immédiatement agrippé le genou droit dans une grimace de douleur.
De quoi rappeler les mauvais souvenirs de l’édition 2022 de Roland-Garros, quand il malmenait le maître des lieux Rafael Nadal avant de s’arracher plusieurs ligaments de la cheville droite.
Relevé par Sinner en personne, Zverev n’a plus eu la moindre occasion de prendre le service de son adversaire et a concédé dans le jeu suivant le premier break du match, synonyme de perte de la troisième manche.
L’Italien a porté l’estocade en prenant une nouvelle fois le service de Zverev à 3-3 dans le quatrième set.
Après 3 h 46 de duel, le vainqueur des cinq premiers Masters 1000 de la saison a ainsi décroché à 24 ans son sixième trophée de la saison, et le plus prestigieux.
Battu en finale de l’US Open 2025 par son grand rival espagnol Carlos Alcaraz (2e), il avait été éliminé en demi-finales de l’Open d’Australie en janvier et dès le deuxième tour de Roland-Garros fin mai, disparaissant précocement du seul tournoi du Grand Chelem qu’il n’a pas gagné.
«Je suis certain que tu vas décrocher ce trophée», a lancé Sinner à sa victime du jour. «Tu étais tout près d’y parvenir» dimanche, «et je sais que tu veux devenir n° 1 mondial. Là aussi, tu es vraiment tout près», a fait mine de s’inquiéter Sinner, s’attirant les rires du public londonien.
Zverev a lui remercié les spectateurs pour un soutien ressenti «comme jamais auparavant», lui qui a été visé ces dernières années par des accusations de violences conjugales formulées par deux anciennes compagnes.
«Même si j’ai perdu cette finale (…), à 29 ans, c’est la première fois que je me crois capable de remporter» Wimbledon, a-t-il positivé.