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[Exposition] Dans le tombeau de Toutânkhamon


(Photo : afp)

EXPOSITION Et si vous aviez découvert le tombeau de Toutânkhamon? À Paris, une troublante exposition immersive propose de marcher dans les pas de l’archéologue britannique Howard Carter, qui a révélé au monde son emplacement et ses trésors en 1922.

Inaugurée le 2 juillet, l’exposition «Toutânkhamon : son tombeau et ses trésors» est une reconstitution, où tous les objets présentés sont des faux, mais où tout, pourtant, est rigoureusement exact du point de vue scientifique. «C’est très important quand on fait ce type d’exposition de présenter quelque chose qui a un contenu scientifique», abonde l’égyptologue Florence Maruéjol, porte-parole de l’exposition installée au parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris, jusqu’au 6 septembre.

Toutânkhamon a déjà fait l’objet de plusieurs expositions immersives : la dernière en date, «Toutânkhamon. À la découverte du pharaon oublié», créée pour le centenaire de la découverte du tombeau du pharaon par l’archéologue britannique Howard Carter en 1922, avait attiré plus de 70 000 visiteurs lors de son passage à Metz, jusqu’en mars dernier. Cette exposition, qui montrait déjà des reproductions d’artefacts et une reconstitution des chambres funéraires, était centrée sur le récit de l’expédition de Carter.

À la base, l’exposition «Toutânkhamon : son tombeau et ses trésors» a été conçue par deux égyptologues allemands qui ont collaboré avec un artiste égyptien, Mostafa El-Ezaby. C’est ce dernier qui a réalisé des copies de l’ensemble des objets découverts dans la chambre funéraire du pharaon, environ un millier d’artéfacts, sous le regard très attentif des égyptologues. «Je suis allée dans son atelier et c’est assez passionnant, car il a dû retrouver des techniques de ses ancêtres pour pouvoir fabriquer ces objets», explique Florence Maruéjol.

Plus de 1,7 million de visiteurs

Les objets originaux, découverts dans le tombeau du pharaon par Howard Carter, sont pour la plupart exposés ou entreposés au musée égyptien du Caire. Le célèbre masque en or qui a tant fait pour la renommée de Toutânkhamon et qui a participé au regain d’intérêt pour l’Égypte ancienne, jamais démenti depuis, n’a par exemple jamais été visible ailleurs. «L’idée, c’est de mettre à disposition des visiteurs qui n’iront jamais en Égypte – ou même ceux qui iront – ces objets reproduits de manière tout à fait scientifique, accompagnés des explications des égyptologues», développe la porte-parole.

L’exposition, déjà passée par Paris en 2012, a depuis voyagé et rassemblé plus 1,7 million de visiteurs dans le monde. Quatorze ans plus tard, elle revient en France enrichie de nouveaux procédés technologiques, notamment un film immersif et une plongée dans le tombeau et la vie de Toutânkhamon en réalité virtuelle, particulièrement impressionnante. «Nous ne nous sommes pas demandé si nous devions intégrer ou pas ces nouvelles possibilités, nous nous sommes plutôt dit : comment le faire?», explique Wolfgang Wettengel, le commissaire allemand de l’exposition. «Il y a un effet psychologique avec ces images. Cela ne remplace pas la science, mais cela l’étend, et cela inspire les visiteurs», juge-t-il. «Ça n’est pas juste du spectaculaire», rebondit Florence Maruéjol.

La postérité de l’enfant-roi

Le masque, le sarcophage, l’or, les bijoux, tout y est donc reproduit fidèlement. Et l’exposition est effectivement aussi un moyen de s’intéresser à la vie de ce pharaon passé à la postérité grâce à la découverte de son tombeau, alors que son nom a plutôt été effacé des tablettes par les Égyptiens eux-mêmes dans les années qui ont suivi son règne.

Toutânkhamon a vécu entre 1343 et 1327 avant notre ère, environ. Décédé probablement dans un accident alors qu’il sortait de l’adolescence, il a pâti de l’œuvre de son père, Akhenaton, pharaon honni qui avait osé abandonner les cultes traditionnels pour embrasser le monothéisme et le culte d’Aton, le soleil. C’est aussi cette histoire, celle d’un enfant-roi ayant réhabilité l’ancien culte, qui se fait jour en ouvrant son tombeau. «Ces trésors absolument fabuleux étaient tous destinés à la vie éternelle du pharaon. Grâce à eux, plus de 3 000 ans après la mort de Toutânkhamon, on est réunis ici : les Égyptiens ont vraiment vaincu la mort», sourit Florence Maruéjol.

Jusqu’au 6 septembre.
Paris Expo Porte de Versailles – Paris.

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