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«La résilience n’est pas le devoir seulement de l’État»


Afin d'élaborer une stratégie nationale de résilience, 1 500 résidents ont été sondés sur leurs perceptions des risques et menaces. (Photo : Fabrizio Pizzolante)

Le gouvernement a dévoilé ce mercredi les résultats d’un sondage Ilres réalisé auprès des résidents afin de connaître leur vision des risques au Grand-Duché. Le but, in fine, est d’affiner la stratégie nationale de résilience «Lëtz prepare!».

La résilience, cette capacité à surmonter une perturbation ou un traumatisme et à s’y adapter, est au cœur d’une stratégie nationale présentée en octobre dernier par le Premier ministre, Luc Frieden. Sous le mot d’ordre «Lëtz prepare!», le gouvernement et le Haut-Commissariat à la protection nationale (HCPN) ont élaboré 150 actions afin de permettre au Grand-Duché de traverser les crises sans trembler. Pour ce faire, les institutions et les pouvoirs publics sont inévitablement les premiers acteurs, mais ne sont pas les seuls concernés.

«Nous pouvons être fiers que, de manière collective, nous ayons tendance à voir l’État comme un État protecteur, mais nous estimons que dans de nombreuses situations de crise, chaque individu doit aussi être inclus», a souligné Luc Frieden lors d’une conférence de presse ce mercredi au sujet de la stratégie nationale. En s’inspirant du système en Finlande notamment, le Luxembourg souhaite inscrire tous ses citoyens dans son plan de combat. «La résilience n’est pas le devoir seulement de l’État, il faut que la société soit prête. Les services de l’État comme la police, l’armée ou les secours doivent être prêts, mais chaque citoyen est responsable et peut apporter sa brique à l’édifice.»

«Des risques sous-estimés par la population»

Afin d’améliorer la préparation nationale, un sondage a été commandé à l’Ilres auprès d’un échantillon représentatif de 1 500 résidents sur leur perception des risques, leur niveau d’information et leur degré d’organisation individuelle. Parmi les résultats dévoilés ce mercredi en présence des ministres Léon Gloden (Affaires intérieures) et Yuriko Backes (Défense) et de Guy Bley, haut-commissaire à la protection nationale, Luc Frieden a mis en avant les risques les plus probables au Grand-Duché selon ses habitants.

«C’est intéressant de voir que le premier risque pour les gens est celui des cyberattaques, puis les inondations et, le troisième, les conditions météorologiques extrêmes.» Ces trois points ont été considérés comme probables ou très probables par 89 %, 83 % et 81 % des répondants, mais ce ne sont pas exactement ceux qui auraient le plus d’ampleur selon eux. Les pires catastrophes seraient en effet une crise économique et financière (76 %), des cyberattaques (71 %) et un accident nucléaire à Cattenom (69 %).

Entre cet ordre de gravité des 1 500 sondés et celui du HCPN, «il existe des recoupements, mais notre pays fait également face à des risques sous-estimés par la population», alerte Luc Frieden «sans vouloir tomber dans l’alarmisme». Il cite, entre autres, «le risque d’effet domino» lors d’une panne d’électricité, d’un manque d’eau potable ou d’un conflit armé extérieur.

Un manque de réflexe et de préparation

Le Premier ministre rapporte également que «les gens sont plutôt bien informés, mais ne savent pas ce qu’il faudrait faire dans telle ou telle situation». Quel que soit le risque présenté dans le sondage, il n’y a jamais une majorité de la population sondée qui sache comment agir. Cela concerne, au mieux, 41 % des personnes face aux conditions météorologiques extrêmes et, au pire, 14 % d’entre elles face aux menaces géopolitiques et aux conflits armés. Bien que certains réflexes de base soient connus, tels que l’installation de détecteurs de fumée, les précautions à adopter restent méconnues (réserves alimentaire et d’eau, lampe torche, formation aux premiers secours, extincteur, etc.)

Afin d’y remédier, le gouvernement mise sur l’information. Les communes ont reçu un guide en 13 étapes de la part du ministère des Affaires intérieures afin de les aider à développer un plan local de résilience (PLR), dont la 10e mesure concerne la sensibilisation des habitants. En octobre prochain, ce sera au tour des citoyens de recevoir un guide «Lëtz prepare!». «Il ne s’agit pas de semer la panique, mais de bien préparer les gens», rassure Léon Gloden.

Ce dernier a également évoqué l’amélioration du système LU-Alert comme seul canal d’information ainsi que la mise en place de subventions pour la construction de bâtiments résilients. «Si nous construisons un hall de sport par exemple, il y aurait des subventions bonus si le hall peut abriter des gens pendant 72 heures grâce à une cuisine collective, des sanitaires et des lits de camp. Le but n’est pas non plus de construire des blockhaus», explique le ministre des Affaires intérieures.

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