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La trêve est signée

La signature de l’accord tripartite équivaut à la conclusion d’une trêve entre, d’un côté, les syndicats, et, de l’autre, le gouvernement ainsi que le patronat. Chacun se félicite du retour du dialogue social dans un contexte de crise qui aurait, une fois de plus, révélé ce que beaucoup présentent comme la véritable force du Luxembourg : sa capacité à faire preuve d’unité et de solidarité face aux difficultés. Le soulagement est réel, mais le premier grand test ne va pas tarder à arriver. La très contestée réforme de l’organisation du temps de travail pourrait être mise avant le début des vacances d’été sur la table des négociations au Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE). Il en va de même pour la réglementation du travail de plateforme et pour le plan d’action visant à augmenter le taux de couverture des salariés par une convention collective.

L’Union des syndicats OGBL-LCGB a accepté de revenir siéger dans cette institution tripartite, près de deux ans après en avoir claqué la porte. En octobre 2024, l’ancien ministre du Travail Georges Mischo avait provoqué l’ire des syndicats avec ses plans visant à revoir la négociation collective. Au début de cette année, les tentatives de son successeur, Marc Spautz, de relance de la machine se sont aussi soldées par un échec. «On va aborder les discussions avec la même approche constructive pour dégager un accord, mais il faut rappeler que (ces) dossiers (…) constituent notre cœur de métier. L’espoir existe que le vent a tourné et que le gouvernement a compris le message qu’il n’est pas possible d’avancer sans les syndicats», met en garde Nora Back, la coprésidente de l’union syndicale, dans l’interview qu’elle nous a accordée pour analyser l’accord tripartite (lire pages 2 et 3).

La confiance placée dans le patronat reste fragile. Les syndicats auraient principalement négocié avec le gouvernement, après l’assurance donnée par ce dernier au patronat qu’il ne paierait pas pour une hausse plus conséquente du salaire minimum. Comment se déroulera le retour à de véritables tractations sur le droit du travail, sur des sujets où l’État ne pourra pas sortir le chéquier? La réponse sera déterminante pour évaluer la solidité d’une trêve qui vient tout juste d’être signée.

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