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[Basket] La patiente reconstruction des Spurs


Les Spurs sont en finale grâce à Victor Wembanyama mais pas seulement. C'est toute une équipe construite autour de l'alien français. (Photo : afp)

NBA Avec patience, flair dans le recrutement et leur savoir-faire éprouvé, les San Antonio Spurs sont parvenus à accompagner la progression de Victor Wembanyama pour passer, en seulement trois ans, du fond de classe à la finale de la NBA.

L’assemblage du puzzle a commencé par la pièce centrale, l’arrivée en juin 2023 de «Wemby», n° 1 de la draft et «alien» de 2,24 m aux possibilités sans limites.Une bénédiction pour la franchise texane qui a connu la dynastie Tim Duncan (5 titres entre 1999 et 2014) et qui repart presque de zéro après quatre saisons sans play-offs.«Nous n’avons aucun problème à admettre que Victor est le visage de notre franchise et la plus grosse pièce du puzzle», commentait ainsi l’entraîneur Mitch Johnson en décembre 2025.

«Mais il ne forme pas le puzzle à lui tout seul, il ne le souhaite pas, nous sommes un collectif. Tout part de lui parce qu’il nous laisse le coacher, le tenir responsable et le pousser comme les autres», ajoutait-il.

Pour assembler les bords, les Spurs ne renversent pas la table : fidèles à leur philosophie, ils maintiennent en cet été 2023 leur confiance à la bande de jeunes joueurs talentueux qu’ils font patiemment progresser depuis quelques années (Julian Champagnie, Devin Vassell, Keldon Johnson), plutôt que de s’empresser de recruter des vétérans pour les encadrer.

«Avant Wembanyama, nous avons observé les premières saisons de grands espoirs récents, comme Blake Griffin… Ils ont été entourés trop tôt de joueurs d’expérience sans que cela ne fonctionne. Avec Victor, on veut prendre notre temps, peut-être faire venir des vétérans plus tard», explique alors un membre du club.

L’idée est également de se laisser le temps de jauger Wembanyama sur le parquet. Où le débutant abuse par exemple parfois du tir extérieur au détriment du jeu à l’intérieur, plus proche du panier. Là où sa taille doit en faire un joueur dominant.

Olajuwon et retraite bouddhiste

L’apprentissage est rude : San Antonio termine cette saison 2023/2024 à l’avant-dernière place de la conférence Ouest.

Lors de la draft qui suit, la franchise texane jette son dévolu sur le poste de meneur, crucial : Stephon Castle, choisi en quatrième position. Bonne pioche : il sera élu meilleur rookie un an plus tard.

Après des Jeux olympiques réussis avec l’équipe de France à l’été 2024 (médaille d’argent, 26 pts en finale contre les États-Unis), Wembanyama poursuit sur sa lancée, mais sa saison NBA est brutalement interrompue en février 2025 par une thrombose veineuse à l’épaule droite.

Il se soigne et profite de l’intersaison pour se renforcer techniquement, physiquement et mentalement. En juin, il passe notamment dix jours dans un temple bouddhiste en Chine pour une retraite pas seulement spirituelle.

«Je souhaitais développer mon corps, lui permettre de réaliser des choses qu’il y a deux mois il n’était pas capable de faire, élargir ma gamme de possibilités athlétiques et de mouvements», expliquera Wembanyama quelques semaines plus tard.

Via le kung-fu, il travaille sur le contrôle de son centre de gravité afin, entre autres, de gagner en explosivité dans la raquette et de mieux résister aux rugueuses défenses adverses.

Une prise de masse musculaire l’y a aussi aidé : selon les chiffres de la NBA, Wembanyama est passé de 95,2 à 108,9 kg en trois ans.

Pendant l’été 2025, Wembanyama passe aussi quatre jours dans le ranch texan d’Hakeem Olajuwon, ancien pivot de légende. Sous le patronage du double champion NBA avec les Houston Rockets, il y travaille notamment les fondamentaux du poste.

Encadrer au mieux «l’Alien»

De leur côté, les Spurs profitent de l’intersaison pour s’activer et l’encadrer au mieux.

Dylan Harper est sélectionné en deuxième position à la draft, offrant un réel apport depuis le banc comme, plus loin dans la rotation, Carter Bryant (14e position). Lors de la finale de la conférence Ouest contre le Thunder, ce dernier a été envoyé, par séquences, en mission défensive sur le double MVP de la saison régulière, Shai Gilgeous-Alexander.

Des joueurs confirmés et même déjà champions posent aussi leurs valises à San Antonio, comme Luke Kornet, un an après Harrisson Barnes.

Quelques mois plus tôt, en février, c’est le meneur All-Star De’Aaron Fox qui avait rejoint le sud du Texas, brique essentielle de la future maison en «construction», selon le terme employé à San Antonio.

À l’aube de la saison 2025/2026, le manager général Brian Wright était revenu sur la stratégie mise en place par les Spurs autour de Wembanyama : «On observe son évolution, ainsi que celle de l’équipe (…) On apprend en avançant. Ce qui est génial avec Victor c’est qu’il peut jouer absolument partout, construire autour de lui n’est pas trop compliqué. On essaie simplement de définir une identité de jeu et de mettre les gens dans la meilleure position pour réussir en tant qu’équipe.»

Et d’annoncer la couleur, avec la confiance héritée du passé : «On veut être une équipe qui gagne un titre. On l’a déjà fait, on sait à quoi cela ressemble, le travail que cela nécessite et sur lequel on se concentre au quotidien. Si on continue ainsi, les résultats viendront.»

Dès leurs premiers play-offs, voilà en effet les Spurs version Wembanyama à une marche du titre.

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