CINÉMA Jeudi à Los Angeles se sont tenus les Golden Trailer Awards, cérémonie qui récompense depuis 1999 les meilleures bandes annonces, réalisées par des travailleurs de l’ombre.
Quand Monica Brady et Evelyn Watters cherchaient une équipe pour produire une bande-annonce, elles remarquaient que les auteurs de ce format majeur du cinéma étaient presque tous anonymes. Elles ont alors décidé de les célébrer. Ainsi sont nés les Golden Trailer Awards, qui ont fait leurs débuts en 1999 à New York, avec le réalisateur Quentin Tarantino parmi les membres du jury. Ces professionnels «n’étaient pas crédités dans les bandes-annonces, pas crédités dans les films et n’avaient même pas un répertoire pour les trouver», expliquait jeudi Monica Brady, en marge de la 26e édition de la cérémonie à Los Angeles.
Comptant à l’origine 19 catégories, elle s’est développée pour arriver aujourd’hui à plus de 100. La statuette la plus convoitée de la soirée, celle du «Best of Show», est revenue à la bande-annonce du film de science-fiction Project Hail Mary, avec Ryan Gosling, réalisée par le Wild Card Creative Group.
Qu’est-ce qui permet à une bande-annonce de se démarquer? «Elle doit être accrocheuse», schématise Evelyn Watters. Elle doit se distinguer par «une histoire originale, des personnages captivants, un moment d’émotion et quelque chose que le public n’a encore jamais vu», ajoute-t-elle. Une bande-annonce réussie est «un apéritif alléchant, ce n’est pas le repas tout entier». Taylor Engel, de l’entreprise Create Advertising Group (16 nominations cette année pour Sinners ou la série Only Murders in the Building), considère pour sa part que réaliser une bonne bande-annonce s’apparente à assembler les pièces d’un puzzle. «On nous fournit de la matière au début du projet, et ça peut être n’importe quoi. Parfois, c’est le film, parfois ce sont les rushes, juste les scènes tournées» avant montage, raconte-t-il. Le défi est donc de combiner les images, les sons et les effets pour «montrer le film d’une certaine manière».
Comme l’ensemble de l’industrie du cinéma, les bandes-annonces ont évolué au fil des décennies et la concurrence est devenue intense. Parfois, elles deviennent même meilleures que le film lui-même – un effet qui a acquis sa propre catégorie aux Golden Trailer Awards. Le secteur n’échappe évidemment pas aux interrogations liées à l’avenir de la profession avec la montée en puissance spectaculaire de l’IA. Mais Taylor Engel assure que les bandes annonces ne sont pas soumises à la même pression que d’autres secteurs à Hollywood. Et pour l’heure, l’homme reste meilleur que la machine pour les produire.