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Tabac au Luxembourg : les jeunes toujours séduits par la nicotine


Parmi les consommateurs, 23 % des 16-24 ans se disent fumeurs occasionnels (Photo d'illustration : Editpress)

La Direction de la santé et la Fondation Cancer publient ce mercredi les résultats d’une enquête sur la prévalence tabagique au Luxembourg en 2025. Les jeunes restent particulièrement sensibles au tabac, notamment via de nouveaux produits.

La tentation de la cigarette fonctionne toujours auprès des jeunes. Dans une enquête menée par l’ILRES sur la prévalence tabagique au Luxembourg en 2025, publiée ce mercredi par la Direction de la santé et la Fondation Cancer, les données montrent que, dans l’ensemble de la population, le tabagisme et la consommation de nicotine concernent près d’un tiers des résidents de 16 ans et plus. Par « consommation de nicotine », il est question de la cigarette traditionnelle, de la shisha, des pipes ou encore des cigares, mais aussi de nouveaux produits tels que le vapotage ou les sachets de nicotine, qui connaissent une progression marquée, en particulier chez les jeunes.

L’e-cigarette comme porte d’entrée

L’enquête montre que ces mêmes produits jouent un rôle dans l’initiation au tabac. Une découverte qui se fait d’ailleurs très tôt, le plus souvent avant 18 ans. Dans 74 % des cas, elle survient via la cigarette, dans 60 % des cas via la shisha et dans 53 % des cas par le biais des sachets de nicotine. À la question « Pourquoi commencer ? », les jeunes évoquent le stress (22 %), l’influence du groupe (32 %) et l’image sociale associée à ces produits (34 %). À noter que 38 % des 16-24 ans ont commencé par l’e-cigarette avant de poursuivre avec la cigarette et que 24 % ont augmenté leur consommation de cigarettes après avoir commencé le vapotage. L’enquête montre également que toutes les formes de consommation sont représentées dans cette tranche d’âge : cigarettes, shisha, cigarette électronique et sachets de nicotine.

Occasionnel mais dangereux

Parmi les consommateurs, 23 % des 16-24 ans se disent fumeurs occasionnels. Un pourcentage qui monte à 25 % chez les 25-34 ans. Cette façon de fumer passe notamment par la shisha (10 %) ainsi que par les cigares et cigarillos (8 %). Si cette consommation peut paraître moins dangereuse, la Direction de la santé et la Fondation Cancer rappellent que «même occasionnelle, la consommation de tabac et de nicotine présente des risques pour la santé».

Une volonté d’arrêter

Malgré cette situation, les résultats montrent une réelle volonté d’arrêter chez les jeunes. 56 % des 16-24 ans souhaitent stopper le tabac et cinq sur dix ont déjà tenté de mettre fin à cette addiction. «Plus d’un tiers des fumeurs sont insatisfaits de leur tabagisme et passent à l’action, en particulier les jeunes», soulignent la Direction de la santé et la Fondation Cancer. Reste la question de la méthode qui, pour le moment, fait défaut. 83 % des jeunes essayent d’arrêter sans accompagnement, 16 % utilisent des substituts nicotiniques et seulement 3 % ont prévu une consultation de sevrage tabagique, une démarche qui « augmente significativement les chances de réussite durable », note le rapport.

Enfin, l’exposition au tabagisme passif reste élevée dans les lieux du quotidien, notamment à l’extérieur. Si elle se maintient à 31 % en intérieur, elle passe à 72 % en plein air. Par exemple, l’exposition au tabagisme passif atteint 62 % sur les terrasses des bars, cafés et restaurants et monte à 63 % au niveau des arrêts de bus, de tram et de train.

Un cadre légal renforcé depuis le 1er janvier 2026

Pour répondre à certains de ces constats, le Luxembourg a adopté la loi du 28 novembre 2025, entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Elle fixe une teneur maximale en nicotine de 0,048 mg par unité pour les sachets de nicotine et les nouveaux produits nicotiniques, interdit leur consommation dans les lieux fréquentés par les jeunes (écoles, terrains de jeux), et interdit les additifs stimulants associés à l’énergie et à la vitalité, comme la caféine, la taurine ou le CBD. Les produits du tabac chauffés sont alignés sur les règles des cigarettes traditionnelles. La vente aux mineurs est strictement interdite, avec obligation de vérification d’identité en cas de doute.

 

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