Après avoir subi des injures racistes dans un bus bondé, Émilie a porté plainte et obtenu la condamnation de la passagère agressive. Une victoire symbolique qu'elle tient à médiatiser.
Deux ans après les faits, le sentiment de colère d'Émilie reste intact. Cet après-midi de juin 2024, cette mère de famille eschoise de 38 ans vient de récupérer sa fille à l'école, et toutes deux grimpent dans un bus, direction le centre-ville.
Le véhicule est quasiment plein, mais la maman parvient à installer sa petite de quatre ans sur un siège, derrière le chauffeur, tandis qu'elle prend place une rangée plus loin. À la station suivante, le bus se remplit encore, et une femme d'une soixantaine d'années monte à bord avec une amie.
Forcée de rester debout, juste à côté de la fillette, la dame s'agace et se met à proférer des commentaires racistes: «Les étrangers se croient tout permis! Ce sont toujours eux qui prennent toutes les places et qui ne savent pas se comporter en public», braille-t-elle en luxembourgeois, au milieu des autres voyageurs.
«Des mots très durs»
«C'étaient vraiment des mots très durs», se rappelle Émilie que nous avons rencontrée. «Elle estimait clairement que les étrangers devaient céder leur siège aux Luxembourgeois. Face à tant d'agressivité, les gens autour étaient dépités. Moi-même je n'ai pas réagi, ça n'aurait servi à rien.»
C'est alors que la fauteuse de troubles saisit la petite fille par le bras en hurlant «Raus!» et prend sa place assise. «Ma fille s'est retrouvée en pleurs au milieu de tous ces adultes debout, tandis que le bus fonçait. C'est ...
Cet article est réservé aux abonnés.
Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.