Ce sont des semaines décisives pour l’exécutif CSV-DP et, plus particulièrement encore, pour le Premier ministre, Luc Frieden. Fortement fragilisé par de récents sondages catastrophiques, sur le plan personnel et à l’échelle de son parti, le chef du gouvernement et président du CSV est plus que jamais attendu au tournant. À commencer ce mardi lors de sa déclaration sur l’état de la Nation. Et ensuite, à partir du 2 juin, lors des véritables négociations tripartites sur la crise énergétique.
Les deux rendez-vous sont étroitement liés. Partant de là se pose alors la question de savoir quels pourront être les thèmes du grand oral du Premier ministre devant la Chambre. Luc Frieden devrait partager les récentes prévisions sur une croissance économique en berne, un emploi qui stagne, un chômage qui fléchit et la santé des finances publiques. Mardi, l’état des lieux dressé lors de l’entame de la tripartite ne comprenait pas une présentation des chiffres de la trésorerie de l’État. Le ministre des Finances, Gilles Roth, continue de clamer que le cap fixé est respecté, mais la nervosité serait grandissante.
«Le gâteau que nous cuisinons tous les ans et qui est ensuite réparti entre les uns et les autres grossit moins vite qu’avant. Cela montre aussi certaines limites de notre modèle d’État providence. Pendant longtemps, lorsqu’il y avait une crise, on ouvrait le Trésor public. Aujourd’hui, le Trésor public est moins rempli que par le passé», développe Marc Lauer, le futur président de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), dans l’interview qu’il nous a accordée.
La marge de manœuvre se réduit donc. Des réponses pour inverser la tendance sont attendues de pied ferme, mais pas encore lors de la déclaration sur l’état de la Nation, qui risque de se transformer en petit oral. Par la force des choses, puisque Luc Frieden a promis de ne pas anticiper les négociations tripartites en dévoilant en «avant-première» des mesures sur lesquelles le gouvernement se penche. Une sage décision. En même temps, l’exécutif conservateur-libéral a urgemment besoin d’un second souffle. En réunissant tous ses ministres lors de la première réunion de la tripartite, le Premier ministre a engagé la responsabilité de l’ensemble du gouvernement.