Évanoui dans la nature, un prévenu de 40 ans est condamné pour des faits et des pratiques odieuses sur ses partenaires.
Un Portugais de 40 ans, aujourd’hui sans domicile fixe connu ni en Belgique ni à l’étranger, a vécu principalement à Étalle, mais aussi à Arlon et à Mersch. Il est accusé d’avoir, entre 2021 et 2023, manipulé sa compagne et une autre jeune dame d’une manière odieuse. Celle qui partageait sa vie, terrorisée, a accepté silencieusement son statut de victime, cachant à son médecin et à ses proches les lésions corporelles subies de son compagnon.
Elle a finalement déposé plainte le 10 août 2023. L’enquête diligentée, corroborée par la plainte de la deuxième victime, a abouti à l’inculpation de l’individu, pour des préventions de viols, de coups et blessures, d’emprise psychologique et de harcèlement.
Le prévenu, qui s’est évanoui dans la nature et nie farouchement les faits, a été condamné par le tribunal correctionnel d’Arlon. Dans son jugement, le juge Adrien Fourrez a repris méticuleusement les éléments du dossier, tant les explications détaillées des sévices subis que les constatations médicales subies par les deux victimes.
Froid dans le dos
Lors de ses premières auditions, le prévenu a décrit par le menu détail, ses exigences sexuelles, mais en chargeant les victimes, qui appréciaient, disait-il, des pratiques odieuses et douloureuses et qui étaient demandeuses : «Elles criaient parce qu’elles aimaient ça, elles étaient donc consentantes.»
Les attendus du jugement les relatent in extenso. Elles sont d’une telle précision que le juge les considère comme des aveux. Elles font froid dans le dos.
Le juge a suivi le ministère public, représenté par Stéphanie Brand. Cette dernière a crié son indignation pour des faits qu’elle considère «comme des viols et des violences imposées par la force et la manipulation».
Le prévenu est condamné à cinq ans de prison ferme et à l’interdiction des droits pour une période de cinq ans. Vu sa condamnation par défaut, il ne peut bénéficier d’aucun sursis ni de mesures d’accompagnement.
Christian Van Herck
(L’Avenir)